Les seniors appellent à la charité

SOCIETE D'après le rapport annuel du Secours catholique, les plus de 50 ans affluent dans les centres...

Laure de Charette - ©2008 20 minutes

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Ils ont les cheveux gris, parfois une mini-retraite et, sans colis alimentaire, leur frigo resterait vide à la fin du mois. D'après le rapport annuel du Secours catholique, rendu public aujourd'hui, la proportion de personnes âgées de plus de 50 ans accueillies dans leurs centres n'a cessé d'augmenter ces dernières années. Sur 1,4 million de bénéficiaires, un quart sont des seniors en 2007, alors qu'ils représentaient moins de 20 % des personnes accueillies il y a seulement cinq ans. Qui sont ces quinquas (et plus) modestes au point de devoir être nourris en partie par autrui ? « Ce sont des ouvriers inaptes à travailler après une vie professionnelle pénible, des mères seules avec des adolescents, des veuves, en fait des personnes qui ne sont ni dans la grande exclusion ni sans ressources. Seulement elles n'ont plus le ressort pour continuer, elles sont fatiguées de la vie », explique Dominique Saint-Macary, responsable au Secours catholique. Colis alimentaire, prise en charge ponctuelle d'une facture d'électricité ou d'une partie d'un loyer, le coup de pouce demandé revêt diverses formes. « Ces personnes gagnent entre 350 et 800 euros par mois. Il suffit que les charges de l'immeuble augmentent et leur situation devient insoutenable. Il ne faut pas se leurrer, elles viennent d'abord chercher une aide matérielle. Ensuite, la solitude se devine au fil de la conversation », précise Philippe Branchet, responsable du centre de Montpellier (Hérault). La plupart de ces seniors en difficulté osent pousser la porte d'une association pour la première fois. Sur le tard.

Témoignage
Mauricette a 63 ans, elle est veuve, mère de six enfants et vit à Reims (Marne). «Je vais au Secours catho une fois par mois. Au moins, je ne suis pas toute seule dans la misère, là-bas.» Elle égrène les euros dépensés – «7,15 euros pour la lumière» –, elle n’en gagne que 500 par mois. «Je me console en me disant que j’ai un toit. J’aimerais bien me payer un petit plaisir, un peu de maquillage, mais je ne peux pas.» Ses enfants? Ils ne savent rien. «Ils travaillent beaucoup, c’est dur pour eux aussi.»