Etudiant poignardé à Grenoble: Sarkozy veut créer un fichier des hospitalisations d'office

FAIT DIVERS Il veut réformer la psychiatrie après qu'un homme échappé d'un hôpital a mortellement poignardé un étudiant à Grenoble...

Avec agence

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Nicolas Sarkozy veut réformer l'hospitalisation psychiatrique et pour y parvenir, il a demandé ce jeudi l'aide des ministres de l'Intérieur, de la Justice et de la Santé au cours d'une réunion d'urgence à l'Elysée. Le Président réagissait ainsi à la mort d'un étudiant poignardé mercredi par un homme échappé d'un hôpital psychiatrique à Grenoble, a annoncé l'Elysée.

Un fichier, une enquête, des sanctions


Le chef de l'Etat a demandé à Michèle Alliot-Marie, Rachida Dati et Roselyne Bachelot, de préparer sans délai une réforme en profondeur du droit de l'hospitalisation psychiatrique. Elle devra permettre de «mieux encadrer les sorties des établissements» et «améliorer la surveillance des patients susceptibles de représenter un danger pour autrui». Dans ce but, il propose «la création d'un fichier national des hospitalisations d'office». Les trois ministres ont aussi pour objectif de «clarifier le partage des compétences administratives dans le pilotage de ces dossiers».


Une enquête de l'Inspection générale des affaires sociales a également été décidée, qui devra rendre ses conclusions «dans les soixante-douze heures». Son but: «déterminer les responsabilités», pour permettre de prendre les «sanctions éventuelles».

Expertise en vue d'un jugement

L'hôpital de Saint-Egrève (Isère), a de son côté annoncé avoir ouvert une enquête «interne» sur les circonstances de la sortie du patient, qui a été mis en chambre d'isolement après son interpellation.

Le parquet de Grenoble a quant à lui pris contact avec les médecins-psychiatre de l'hôpital pour vérifier si l'homme est en mesure d'être entendu, et a «demandé une expertise très précise sur son état mental afin de déterminer si l'intéressé peut ou non être jugé».

Fugue

L'homme accusé du coup de couteau, âgé de 56 ans, était en promenade dans la cour de l'hôpital où il avait été placé d'office et où il disposait d'un accès libre au parc, lorsqu'il a fugué. Il a ensuite pris un bus pour Grenoble, acheté un couteau en fin de matinée dans une rue commerçante et poignardé immédiatement la première personne qui passait en sortant du magasin.

Il s'agissait d'un étudiant-chercheur d'une école d'ingénieurs. Il est décédé vers 22h45 au CHU de Grenoble, où il avait été admis dans un état critique après avoir reçu le coup de couteau dans le ventre

Schizophrène récidiviste

L'agresseur, qui souffrirait de schizophrénie et «entendrait des voix», a été interpellé sur les lieux de l'agression.

Dans le passé, il a commis trois agressions du même type qui se sont soldées chaque fois par son placement d'office en hôpital psychiatrique.

En 1989, il a poignardé dans le ventre un sans-abri à Grenoble, en 1995 un autre passant dans la ville après s'être échappé de l'hôpital, puis en 2006 un résident d'une maison de retraite de Miribel-les-Echelles (Isère).