Le soulagement des cheminots, la précision de Besancenot

SABOTAGE Les syndicats de cheminots sont heureux d'être dédouanés. Le leader de la LCR a précisé qu'il ne cautionnait pas ses actes commis par des membres d'une «mouvance d'ultra gauche», selon la Place Beauvau...

M.Gr avec agence

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La CGT-cheminots, premier syndicat à la SNCF, a appelé vendredi l'ensemble du personnel à la grève le mercredi 12 mars pour notamment exiger de "véritables négociations" sur l'avenir du fret et sur la pénibilité dans le cadre de la réforme du régime spécial de retraite.
La CGT-cheminots, premier syndicat à la SNCF, a appelé vendredi l'ensemble du personnel à la grève le mercredi 12 mars pour notamment exiger de "véritables négociations" sur l'avenir du fret et sur la pénibilité dans le cadre de la réforme du régime spécial de retraite. — Thierry Zoccolan AFP/Archives

Ils respirent. Le doute et la suspicion s’insinuaient doucement après les sabotages de catenaires, au point que les syndicats de cheminots avaient dû monter au créneau lundi pour clamer l’innocence des hommes du rail. Ils ont été complètement dédouanés par Michèle Alliot-Marie ce mardi matin, qui a précisé que toutes les personnes interpellées n'avaient aucun lien avec la SNCF.

Pas dans la culture des cheminots

Après avoir fait part de son «soulagement» Bruno Duchemin, secrétaire général de la Fgaac, a souligné qu'«il était impensable que des cheminots s'en prennent à leur matériel ou à leurs propres collègues obligés de réparer ou de tomber en panne avec leur train. C'est anticulturel chez les cheminots, parmi lesquels existe un fort attachement à l'entreprise, au matériel, à la sécurité et une solidarité entre collègues».

Pour Bernard Aubin, secrétaire fédéral de la CFTC Transports, «l'arrestation des saboteurs présumés est source de satisfaction. Cela va lever le climat de suspicion au sein de la SNCF, car ces actes étaient contraires à la culture des cheminots mais nécessitaient des connaissances techniques, notamment pour approcher des fils de contact sans risquer sa vie».

Besancenot veut éloigner les soupçons

Celui qui respire un peu moins, c’est Olivier Besancenot, qui veut éviter tout amalgame entre ses militants et les dix membres d’une «mouvance ultra-gauche anarcho-autonome», selon la terminologie de la place Beauvau.

«Ces méthodes-là n'ont jamais été, ne sont pas et ne seront jamais les nôtres», a affirmé le leader de l'organisation d'extrême gauche. «Nous voulons plus de trains, pas moins de trains. Les cheminots et les usagers ont déjà assez à faire avec les saboteurs venus de la direction de la SNCF, du gouvernement et de l'Union européenne qui font reculer le service public ferroviaire.»

«La force des cheminots, c'est leur nombre et leur détermination, pas les agissements isolés qui ne profitent ni aux usagers ni aux cheminots en lutte», a ajouté le porte-parole de la LCR, rappelant que son parti «soutient d'autant plus les cheminots, venus de toute l'Europe, qui manifesteront jeudi prochain à Paris pour protester contre les déstructurations et déréglementations du secteur ferroviaire dans l'UE