11-Novembre: premières commémorations sans poilu

DER DES DERS Nicolas Sarkozy rompt avec la tradition présidentielle en célébrant le 90e anniversaire de l'armistice au Fort de Douaumont, haut lieu de la bataille de Verdun, avec de nombreuses personnalités européennes...

Avec agence

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La première pierre d'un monument dédié aux 70.000 combattants musulmans morts pour la France pendant la Première guerre mondiale sera posée jeudi à Douaumont, près de Verdun (Meuse), par le ministre délégué aux Anciens combattants Hamlaoui Mekachera.
La première pierre d'un monument dédié aux 70.000 combattants musulmans morts pour la France pendant la Première guerre mondiale sera posée jeudi à Douaumont, près de Verdun (Meuse), par le ministre délégué aux Anciens combattants Hamlaoui Mekachera. — Jean-Christophe Verhaegen AFP/Archives

Une tonalité différente. Pour la première fois, les commémorations de l'armistice de la guerre de 1914-18 auront lieu sans qu’aucun poilu puisse encore témoigner, par sa parole ou sa présence. Lazare Ponticelli est mort en mars dernier, et une partie de la mémoire de la Grande guerre avec lui.

Rompant avec la tradition présidentielle, Nicolas Sarkozy a voulu faire des célébrations de ce 90e anniversaire de l'armistice un «hymne à la réconciliation européenne» en invitant vainqueurs et vaincus au Fort de Douaumont, dans la Meuse, un des lieux les plus symboliques de la bataille de Verdun.

Un «hymne à la réconciliation européenne»

Il reçoit ainsi le prince de Galles Charles et son épouse Camilla, le grand-duc Henri de Luxembourg, Peter Müller, le président du Bundesrat (le Sénat allemand), le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, ou encore le président du Parlement européen, l'Allemand Hans-Gert Pöttering.

«Quatre-vingt dix ans après la fin de la Grande Guerre, les pays européens sont non seulement en paix les uns avec les autres mais, mieux encore, ils ont bâti entre eux une Union durable et profonde fondée sur la réconciliation et le respect des droits fondamentaux», a souligné l'Elysée.

Ruptures avec la tradition,

Autre rupture avec la tradition, Nicolas Sarkozy ne ravivera pas la flamme du tombeau du soldat inconnu, sous l'Arc de Triomphe avant de rallier la Meuse. Il se contentera de déposer une gerbe au pied de la statue du «Père la victoire», Georges Clemenceau.

Il prononcera un discours devant l'ossuaire de Douaumont où reposent les restes de 130.000 des 300.000 soldats tombés pendant la bataille de Verdun qui dura presque une année entière.

En février 2007, Nicolas Sarkozy avait fait étape pendant sa campagne électorale pour évoquer le «devoir de mémoire». «Je suis bouleversé par ce lieu. Je n'oublierai pas», avait-il écrit dans le Livre d'or de l’ossuaire. La cérémonie se déroulera non loin du champ de bataille où François Mitterrand et le chancelier allemand Helmut Kohl avaient scellé en 1984, main dans la main, l'amitié franco-allemande.