Les lettres d'amour de Mesrine au cœur d'une procédure

JUSTICE Les enfants de l'ennemi public n°1 demandent la saisie du recueil publié par une avocate...

J.M. avec agence

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Durant 30 ans, elle a enfoui dans sa mémoire le souvenir de cette "terrifiante" journée. Mais aujourd'hui, Jeannine Martigny, otage, avec sa famille, en 1978, de Jacques Mesrine et son lieutenant François Besse, a besoin d'"exorciser le passé".
Durant 30 ans, elle a enfoui dans sa mémoire le souvenir de cette "terrifiante" journée. Mais aujourd'hui, Jeannine Martigny, otage, avec sa famille, en 1978, de Jacques Mesrine et son lieutenant François Besse, a besoin d'"exorciser le passé". — AFP/Archives

Sous la dure carapace de Jacques Mesrine, un petit cœur battait. Il battait pour Martine Malinbaum, une avocate à qui l'ennemi public n°1 adressait des lettres d'amours depuis sa cellule, à la fin des années 1970. Des courriers que l'avocate a publiés dans un recueil, le 16 octobre dernier, et qui font l'objet d'une procédure au tribunal de Paris, comme le révèle ce jour le site du «Figaro».

La correspondance entre un avocat et son client étant a priori secrète, Sabrina et Boris, deux des enfants de Mesrine, ont entamé une action en justice. C'est Jean-Louis Pelletier, un ténor du Barreau, qui s'est chargé d'instruire un référé d'heure à heure, réclamant la saisie du livre ainsi que des dommages et intérêts. Une demande qui sera examinée ce jeudi.

Martine Malinbaum assure avoir l'autorisation de Bruno, autre fils de Jacques Mesrine, et met en avant l'«intérêt historique» de l'ouvrage, «sans contenu professionnel». Et aux accusations de Jean-Louis Pelletier, qui affirme que, s'il a lui-même été le défenseur de Mesrine, elle ne l'a jamais été, elle répond dans un éclat de rire: «Il suffit de lire les lettres publiées: Jacques Mesrine me complimente pour mon travail».