Les favoris pour la tête du PS

POLITIQUE Avant le congrès de Reims, Ségolène Royal doit annoncer le nom du candidat de son équipe pour le poste de premier secrétaire...

Julien Ménielle

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Montage photos/20 Minutes/AFP

Elle briguait le poste de premier secrétaire du PS, puis Ségolène Royal a annoncé, en septembre dernier, qu'elle mettait sa candidature au «frigidaire». Après la victoire de sa motion, le 6 novembre dernier, l'ex-candidate estime avoir gagné «une légitimité» pour diriger le PS. Elle réunit ses troupes ce lundi, et doit annoncer le nom de son candidat pour la tête du PS avant le congrès de Reims. En dehors d'elle, qui tient la corde? 20minutes.fr dresse le portrait des prétendants.


Julien Dray: «Ca peut être moi»
A 53 ans, le natif d'Oran, en Algérie, ne cache pas ses ambitions. Militant à la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR) dés 1970 à l'âge de 15 ans, co-fondateur de SOS Racisme en 1984, il entre au Parti socialiste en 1981. Il se situe d'emblée à la gauche du parti, créant en 1988 le courant «gauche socialiste», avec notamment Jean-Luc Mélenchon. En 2002, il fonde le Nouveau Parti Socialiste (NPS), avec entre autres son rival, Vincent Peillon. Longtemps cantonné au rôle de chargé de la sécurité au PS, le député de l'Essonne claque la porte du NPS en 2003 pour soutenir François Hollande. Il devient alors porte-parole du PS. En 2006, il devient supporter de Ségolène Royal, et joue un rôle-clé dans sa campagne présidentielle. Depuis, le vice-président du conseil régional d'Ile-de-France en charge de la jeunesse lui est resté fidèle. Aujourd'hui, il lui semble que le patron du PS soit issu de l'Assemblée nationale, «parce qu'il faut créer cette symbiose entre le terrain et le débat parlementaire».

Vincent Peillon: «Ce n'est pas la question»
Le député européen de 48 ans refuse de commenter sa possible candidature. Il a enseigné la philosophie pendant plus de dix ans, avant de se consacrer exclusivement à la politique en 1997. Une carrière débutée en 1992 en tant qu'assistant d'Henri Emmanuelli, alors président de l'Assemblée Nationale. En 1994, il entre au bureau national du PS, au côté du premier secrétaire, Lionel Jospin. En 1997, il devient secrétaire national aux études du PS et député de la Somme, avant d'exercer les fonctions de porte-parole du parti en 2000. Après avoir perdu son siège de député, en 2002, il démissionne de son poste de porte-parole et fonde le NPS avec Julien Dray, mais aussi Arnaud Montebourg. Il est le seul à en faire toujours partie, avec Benoît Hamon. Député européen depuis 2004, il s'est rallié à Ségolène Royal en 2006. Comme elle, il estime aujourd'hui qu'il faut «placer les idées, le projet, le rassemblement des socialistes avant les questions de personnes».

François Rebsamen: «Peillon peut porter l’image du renouvellement»
Le doyen du trio, à 57 ans, la joue modeste. Il est entré en politique en 1978, en tant que chargé de mission à la région Bourgogne. Comme Julien Dray, il est passé par la LCR avant de rejoindre le PS. En mai 1981, il rejoint l'équipe de Pierre Joxe, qui en fera son chef de cabinet en 1984, après sa nomiantion au ministère de l'Intérieur. Secrétaire national du PS en 1997 puis conseiller général en 1998, il devient maire de Dijon en 2001, mais ne sera jamais député. Discret sur le plan national, il connaît le PS par cœur, pour avoir contribué à le réorganiser en 2003, en tant que secrétaire national en charge de l'organisation et de la coordination. Il est à l'origine du referendum interne sur la constitution européenne en 2004. Comme ses camarades, il rejoint Ségolène Royal en 2006, et devient son co-directeur de campagne. D'ailleurs, selon lui, il convient aujourd'hui de ne pas oublier la patronne, «Ségolène Royal, qui a toute légitimité pour être candidate».