SNCF: le parquet antiterroriste de Paris se saisit des enquêtes

TRAIN Après le parquet de Senlis, c'est au tour de celui d'Auxerre de se dessaisir de l'enquête sur les actes de malveillance...

MD avec agence

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En avril 2008, la Cour des comptes enfonçait le clou en fustigeant l'organisation bancale du système ferroviaire, divisé entre l'exploitant la SNCF et le propriétaire des voies ferrées RFF depuis une loi de 1997.
En avril 2008, la Cour des comptes enfonçait le clou en fustigeant l'organisation bancale du système ferroviaire, divisé entre l'exploitant la SNCF et le propriétaire des voies ferrées RFF depuis une loi de 1997. — Robert Francois AFP/Archives

Le parquet d'Auxerre, saisi après les actes de malveillance qui ont visé la ligne TGV Paris-Lyon dans la nuit de vendredi à samedi, s'est dessaisi lundi au profit du parquet antiterroriste de Paris, comme l'avait fait plus tôt dans la matinée le parquet de Senlis dans l'Oise. «Cette décision permet de centraliser auprès du parquet compétent les procédures en cours», a affirmé le procureur de la République d'Auxerre, François Perrain.

L'incident touchant la ligne TGV a eu lieu dans la nuit de vendredi à samedi à Pasilly dans l'Yonne, a-t-il précisé. Le train-balai, qui effectue une reconnaissance de la ligne avant tout passage des TGV commerciaux, a été heurté par un fer en béton, dégradant les caténaires sur 200 mètres, a expliqué François Perrain.

Quatre «actes de malveillance» avaient très fortement perturbé samedi le trafic de 160 TGV, Thalys et Eurostar, provoquant des retards de 10 minutes à plusieurs heures pour des milliers de passagers. A chaque fois, des fers à béton avaient été fixés sur des caténaires, situées dans l'Oise, l'Yonne et la Seine-et-Marne, touchant les lignes à grande vitesse (LGV) Nord, Est et Sud-Est.

Et dans la nuit de dimanche à lundi, un nouvel incident a touché une voie TGV, cette fois-ci près de Narbonne, à Coursan.

Les incidents à la SNCF en 2008:

17 août: 3.000 voyageurs sont bloqués durant des heures dans les gares du sud-est par un arrachement de caténaire sur la ligne Nice-Marseille.

10 septembre: interruption du trafic sur la ligne B du RER pour un arrachement de caténaire à Drancy en Seine-Saint-Denis.

14 septembre: trois TGV sont retardés en Saône-et-Loire par un incident de caténaire.

17 septembre: interruption du trafic TGV entre Nantes et Angers à cause de la chute d'une ligne EDF sur des caténaires.

1er novembre: une rupture de caténaire, attribuée à des tirs de fusil à Marcoussis (Essonne), paralyse plusieurs heures une cinquantaine de TGV.

8 novembre: le trafic de 160 TGV, Thalys et Eurostar est fortement perturbé par quatre actes de malveillance. Des fers à béton ont été fixés sur des caténaires des lignes à grande vitesse (LGV) Nord, Est et Sud-Est dans l'Oise, l'Yonne et en Seine-et-Marne.

9 novembre: un écartement anormal de rails constaté sur une voie au Trayas (Var) perturbe le trafic plusieurs heures entre Marseille et Nice, mais l'acte malveillant n'est pas privilégié.