SNCF: un nouvel acte de malveillance

TRAIN La série noire se poursuit. La CFTC cheminots demande des peines de prison ferme pour les auteurs...

MD avec agence

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Une réforme d'ensemble du système ferroviaire français, beaucoup trop complexe en raison de la séparation entre Réseau ferré de France et la SNCF, s'impose selon un rapport parlementaire publié jeudi, qui réclame aussi plus de moyens pour faire face à la dégradation des voies ferrées.
Une réforme d'ensemble du système ferroviaire français, beaucoup trop complexe en raison de la séparation entre Réseau ferré de France et la SNCF, s'impose selon un rapport parlementaire publié jeudi, qui réclame aussi plus de moyens pour faire face à la dégradation des voies ferrées. — Patrick Hertzog AFP/Archives

Un TGV a percuté deux plaques de béton posées sur une voie dans la région de Narbonne, dans Aude. Il s'agit d'un «nouvel acte de malveillance» contre la SNCF après les incidents de samedi, a annoncé lundi le secrétaire d’Etat chargé des Transports, Dominique Bussereau sur Europe 1. L'incident s'est produit sur la commune de Coursan et a interrompu le trafic pendant 70 minutes.

La SNCF porte plainte

«Le conducteur du TGV a ressenti un choc, a arrêté son train, appliquant la procédure prévue, et en est descendu pour vérifier que les organes principaux du TGV n'avaient pas été touchés. Après avoir constaté que la voie n'avait pas été impactée et que le matériel n'était que légèrement dégradé, au niveau du "nez" du TGV, il a pu repartir vers 00h30», a déclaré Bruno Hillion, attaché de presse de la SNCF à Montpellier, précisant qu'il y a pas eu de blessé. La SNCF a porté plainte dans la nuit.


Suite de la série noire?


A la question de savoir s'il s'agissait d'un «nouvel acte de malveillance» contre la SNCF, victime d'incidents répétés ces dernières semaines, le porte-parole a jugé qu'il était «un peu trop tôt» pour se prononcer sur ce point, préférant attendre les résultats de l'enquête.

Le parquet de Senlis dans l'Oise, saisi après les actes de malveillance qui ont frappé la ligne TGV Paris-Lille samedi, s'est dessaisi lundi au profit du parquet antiterroriste de Paris.

Le trafic avait déjà été perturbé samedi, entre Lille et Paris. Cinq des six incidents récents avaient été provoqués par des fers à béton posés sur la caténaire, le fil d'alimentation électrique qui surplombe la voie. Quelque 160 trains et plusieurs milliers de passagers avaient subi des retards allant de 10 minutes à plusieurs heures.

Vers un effet d'escalade?

Le secrétaire fédéral CFTC cheminots Bernard Aubin s'est inquiété lundi de «l'effet d'émulation et d'escalade», que pourraient entraîner les actes de malveillance à la SNCF, appelant à des «peines de prison ferme» pour les auteurs de «ces actes très très graves.»

«Je crains un effet d'émulation et d'escalade du même type que ce qu'on a pu connaître à une époque avec les voitures incendiées en banlieue parisienne et en province», a déclaré Barnard Aubin.

 

 

Les incidents à la SNCF en 2008:

17 août: 3.000 voyageurs sont bloqués durant des heures dans les gares du sud-est par un arrachement de caténaire sur la ligne Nice-Marseille.

10 septembre: interruption du trafic sur la ligne B du RER pour un arrachement de caténaire à Drancy en Seine-Saint-Denis.

14 septembre: trois TGV sont retardés en Saône-et-Loire par un incident de caténaire.

17 septembre: interruption du trafic TGV entre Nantes et Angers à cause de la chute d'une ligne EDF sur des caténaires.

1er novembre: une rupture de caténaire, attribuée à des tirs de fusil à Marcoussis (Essonne), paralyse plusieurs heures une cinquantaine de TGV.

8 novembre: le trafic de 160 TGV, Thalys et Eurostar est fortement perturbé par quatre actes de malveillance. Des fers à béton ont été fixés sur des caténaires des lignes à grande vitesse (LGV) Nord, Est et Sud-Est dans l'Oise, l'Yonne et en Seine-et-Marne.

9 novembre: un écartement anormal de rails constaté sur une voie au Trayas (Var) perturbe le trafic plusieurs heures entre Marseille et Nice, mais l'acte malveillant n'est pas privilégié.