Les ondes à nouveau en accusation

A Strasbourg, Ludovic Meignin - ©2008 20 minutes

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Elle veut être préservée des ondes pour mener une vie normale. Le cas d'une habitante de la Communauté urbaine de Strasbourg (CUS) souffrant d'électro-hypersensibilité (EHS) est examiné aujourd'hui par la cour d'appel de Colmar (Haut-Rhin). Sabine Rinckel, 44 ans, avait réclamé en première instance d'être relogée par son bailleur social, CUS Habitat, dans une zone « blanche » (non couverte par les ondes de téléphonie mobile), ainsi que le remboursement de neuf mois de loyer et 5 000 euros pour préjudice moral. « Je ressens des maux de tête, des douleurs dans les cervicales et des fourmillements. J'ai aussi des varices, voire des oedèmes aux mains, et je fais parfois de la tachycardie. Tout ça me pourrit la vie », témoigne la plaignante, en précisant que des examens médicaux ont écarté toute origine cardiovasculaire.

Toutefois, la justice l'avait déboutée en 2006, estimant que son bailleur ne pouvait être tenu pour responsable de « facteurs extérieurs » et qualifiant ses troubles de « subjectifs ». Depuis, le cancérologue Dominique Belpomme a conclu que Sabine Rinckel souffre d'EHS et a recommandé sa « mise à l'abri ». « Nous sommes nous-mêmes démunis face à ce problème relevant de la santé publique. Dans l'agglomération, il n'y a plus de zone blanche », répond le président de CUS Habitat, Philippe Bies, qui indique avoir contacté d'autres offices HLM pour tenter de trouver des appartements dans des zones plus préservées. Sabine Rinckel avait déjà été relogée en 2004 à Strasbourg, sans que sa situation s'améliore.