Retards sur le TGV Atlantique: «Nous avons eu à gérer une crise exceptionnelle»

INTERVIEW Jean-Pierre Farandou, directeur de SNCF Proximités...

Recueilli par Mickaël Bosredon

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Jean-Pierre Farandou, directeur de SNCF Proximités.

Comment peut-on encore arriver à une situation où des milliers de passagers restent bloqués?

Nous avons eu à gérer une crise exceptionnelle : cinquante TGV, transportant en tout vingt mille personnes, ont été touchés ! Qui dit rupture de caténaire, dit absence d'alimentation électrique pour tous les trains circulant sur la ligne. Mais généralement, quand une caténaire est touchée, seule une voie est coupée, ce qui nous permet d'utiliser l'autre. Cela n'a pas été possible cette fois, puisque c'est précisément la caténaire reliant les deux voies qui a été cassée.

Comment avez-vous procédé pour gérer la crise?

Nous avons dévié de la voie, quasiment immédiatement, quarante-sept trains. Nous les avons fait circuler sur des voies classiques, donc ils ne roulaient plus qu'à 160 km/h au lieu de 300 km/h, si bien qu'ils sont arrivés avec une à deux heures de retard. Les trois autres trains étaient, eux, trop près du lieu de l'incident, et se sont retrouvés prisonniers. L'estimation du temps de réparation était de deux à trois heures. Nous avons donc décidé de conduire les TGV en gares de Vendôme (Loir-et-Cher) et de Saint-Léger (Eure-et-Loir), pour faire patienter les passagers dans les meilleures conditions.

Les meilleures conditions?

Nous avons appelé les pompiers, fait venir des agents SNCF, et acheminé de l'eau. Le bar des TGV était également à la disposition des clients.

Au final, l'attente a duré six heures...

Le temps nécessaire à la réparation a été sous-évalué. Mais cela n'aurait pas changé grand-chose : la voie était inutilisable, et nous ne pouvions pas affréter, d'un coup, une centaine de cars de substitution.

Estimez-vous avoir été à la hauteur de l'événement?

Il y a eu une mobilisation exceptionnelle des cheminots, notamment dans la soirée de samedi à Paris, pour prendre en charge les cinq cents passagers qui ne pouvaient plus attraper leur correspondance. Dans cette affaire, nous sommes aussi victimes.