L'ouverture du capital de La Poste est gelée mais «le calendrier est toujours valable»

ENTREPRISES Henri Guaino avait annoncé ce dimanche matin le gel de l'ouverture du capital...

V.G. (avec agence)

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"Il n'est plus question pour l'instant (...) d'ouvrir le capital de La Poste", a estimé dimanche Henri Guaino, conseiller spécial du président de la République.
"Il n'est plus question pour l'instant (...) d'ouvrir le capital de La Poste", a estimé dimanche Henri Guaino, conseiller spécial du président de la République. — Eric Piermont AFP/Archives

Dans le contexte économique actuel, ce n'est pas une grande surprise mais c'est la première fois que l'Elysée l'officialise: «Il n'est plus question pour l'instant (...) d'ouvrir le capital de La Poste», a estimé ce dimanche matin sur Europe 1 Henri Guaino, conseiller spécial du président de la République.

Pour clarifier ses propos, qui ont déclenché une série de réactions (voir plus bas), Henri Guaino est intervenu à la mi-journée sur France-Info. Interrogé sur le respect du calendrier initial de La Poste prévoyant un passage au statut de société anonyme en 2010 et une ouverture éventuelle du capital en 2011, le conseiller présidentiel a répondu: «pour l'instant, ce calendrier est toujours valable, sauf qu'aucune décision n'a été prise sur la manière de financer La Poste.»

«Elle le sera le moment venu, il n'y a pas une urgence absolue, je pense qu'aujourd'hui il y a d'autres priorités (...) qui sont de répondre à la crise financière, de répondre aux conséquences de la crise financière sur l'économie réelle, aux conséquences sociales», a t-il poursuivi.

Le gouvernement confirme


Luc Chatel, porte-parole du gouvernement, a confirmé l'information: «Comme l'a dit Henri Gaino, ce sujet n'est pas d'actualité. Il n'en demeure pas moins que La Poste a besoin d'argent pour financer son développement et pour se préparer à l'ouverture de la concurrence, à l'ouverture des marchés en 2011».

Le président Nicolas Sarkozy a mis en place une commission composée notamment d'élus et de représentants syndicaux à propos du changement de statut de La Poste, souhaité par la direction. Trois syndicats ont suspendu jeudi leur participation à cette Commission, dénonçant une campagne de communication qui présente comme «inéluctable» le changement de statut de l'entreprise publique.

«La bagarre n'est pas terminée»

Les syndicats de La Poste, interrogés par l'AFP, se réjouissent plutôt de l'annonce de Guaino mais veulent poursuivre le combat pour obtenir l'annulation de l'ouverture du capital de l'entreprise.

FO: «Ça va dans le sens de ce qu'on souhaite. C'est un gel mais je pense que le gouvernement a compris que le projet qui avait été présenté (par la direction de la Poste, ndlr) était quelque chose qui n'était pas socialement et politiquement tenable [...] La bagarre n'est pas terminée»

CGT: «On voit dans cette annonce un encouragement à multiplier les initiatives d'actions pour assurer l'avenir du service public postal et celui des postiers. Aujourd'hui le gouvernement annonce la suspension, mais il ne renonce pas au projet. Cela nous encourage à multiplier les signatures et à les déposer le 4 devant le Palais de l'Elysée, et à mobiliser pour une très grande journée d'action le 22 novembre»

Sud-PTT: «On prend acte de la décision annoncée par M. Guaino, mais on la trouve très insatisfaisante et on exige l'abandon pur et simple du projet. Nous maintenons la mobilisation du 22 novembre»