Xavier Darcos calme le jeu, le PS parle de manipulation

POLEMIQUE Le ministre de l'Education revient sur ses propos de mardi à l'Assemblée nationale...

Maud Descamps avec agence
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Le ministre de l'Education Xavier Darcos fera un "point d'étape" sur la réforme du lycée mardi lors d'une conférence de presse à 10h30 à son ministère, a annoncé le ministère lundi dans un communiqué.
Le ministre de l'Education Xavier Darcos fera un "point d'étape" sur la réforme du lycée mardi lors d'une conférence de presse à 10h30 à son ministère, a annoncé le ministère lundi dans un communiqué. — Miguel Medina AFP
Coutumier des effets d'annonce, Xavier Darcos a temporisé ses propos concernant les programmes d'Histoire mardi à l'Assemblée. Le ministre de l'Education nationale s'était demandé devant la mission d'information sur les questions mémorielles
si le Parlement ne pourrait pas prescrire «ce qui doit être enseigné» aux élèves dans des matières sensibles comme l'Histoire.

Il a rectifié ce mercredi, assurant qu'il serait «très vigilant» à ce qu'il n'y ait pas d'«ingérence» du politique dans l'enseignement de l'Histoire. «Xavier Darcos considère que c'est aux historiens et eux seuls d'écrire l'Histoire qui est ensuite déclinée, traduite, dans les programmes», souligne un de ses conseillers, joint par téléphone par 20minutes.fr.

«Nonobstant, Xavier Darcos, considère que le Parlement peut être consulté sur les programmes, comme ce fut le cas pour les programmes du primaire», ajoute-t-il.

Un projet vraiment réfléchi?

«Il s'agit, comme nous l'avons fait pour l'enseignement primaire, de recueillir l'avis de la représentation nationale sur la manière dont les programmes sont orientés mais surtout pas évidemment sur les contenus historiques et sur la manière d'enseigner l'histoire», a précisé Xavier Darcos.

Déjà l'an dernier, les syndicats enseignants et les historiens avaient vivement réagi à l'annonce de la lecture de la lettre de Guy Môquet dans les écoles et au parrainage d'un enfant juif mort pendant la Shoah par un écolier. Pour Alice Cardoso, co-responsable du secteur «contenus» et responsable du groupe histoire-géographie au Syndicat national des enseignants du secondaire (Snes), «les questions mémorielles à l'école sont très sensibles et délicates. Et l'intervention du politique, dans ce domaine, laisse songeur, est-ce bien réfléchi par le gouvernement?»

«C'est à la Nation» de se prononcer sur les question mémorielles

Le ministre a indiqué qu'il enverrait une lettre à Pierre Nora, académicien et président de l'association «Liberté pour l'histoire» pour «résumer clairement la position» de son ministère «qui n'acceptera aucune ingérence du politique dans l'enseignement de l'Histoire.»

Pour «ce qui est des questions mémorielles et c'était de cela dont nous parlions hier - les grandes dates, les héros, les événements que la Nation doit célébrer - c'est aussi à la Nation de le dire», a ajouté Xavier Darcos. Mais pour le Snes, une chose est claire, «il faut veiller à ce qu'il n'y ait pas de confusion entre l'enseignement de l'Histoire et le devoir de mémoire», dans les établissements scolaires.

La conception d'une histoire propagandiste

De son côté, le groupe PS à l'Assemblée nationale a dénoncé mercredi «la droite incorrigible dans sa volonté de manipuler l'histoire». Le PS a qualifié de «très mauvaise idée», la proposition de Xavier Darcos.

«Il n'appartient pas aux institutions de la République d'écrire et a fortiori d'enseigner une histoire officielle comme le font les régimes autoritaires. C'est la vocation des historiens et des professeurs», a ajouté le groupe PS dans un communiqué intitulé «La droite incorrigible dans sa volonté de manipuler l'histoire.»

«Cette conception d'une histoire propagandiste et imposée est à l'opposé de notre recherche d'une mémoire partagée dans laquelle tous les citoyens puissent se reconnaître», a conclu le communiqué PS signé par Catherine Coutelle, vice-présidente de la mission mémorielle de l'Assemblée nationale.