Les féministes partagées par le voile

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Une même colère mais pas le même combat. Près de 10 000 personnes ont défilé, samedi à Paris, avant la Journée internationale de la femme qui a lieu aujourd’hui. Mais la question du voile et les revendications à l’encontre de la politique sociale du gouvernement ont divisé les manifestants. En tête de cortège, le Collectif national pour les droits de la femme (CNDF). Derrière des banderoles comme « emploi, sexualité, laïcité, mixité, les droits des femmes sont menacés », le CNDF, soutenu par les partis de gauche et des syndicats, a d’abord voulu remettre en cause la politique sociale du gouvernement. « Nous dénonçons le voile, mais nous disons que les attaques sociales du gouvernement sont toutes aussi graves », selon sa porte-parole, Maya Surduts. En refusant, la semaine dernière, de signer l’appel du CNDF, le mouvement Ni putes, ni soumises s’est démarqué et a défilé en fin de cortège, d’abord pour la « laïcité, l’égalité, la mixité ». Au côté de sa présidente, Fadela Amara, la secrétaire d’Etat au programme de la Justice, Nicole Guedj, et la porte-parole de Lutte ouvrière, Arlette Laguillier, ont manifesté à quelques mètres l’une de l’autre. D’autres femmes se sont aussi invitées à ce rassemblement. En effet, une dizaine de filles voilées du collectif «Une école pour tous et pour toutes ont pris place au coeur du cortège. « Voilée, non voilée, solidarité contre le sexisme », « école publique, ne choisis pas ton public » scandaient les jeunes femmes voilées et leurs amies têtes nues. Elles dénonçaient une « loi discriminatoire », provoquant la colère des autres manifestantes.