Réforme de la Seconde: les syndicats restent sur leur faim

LYCEE Satisfaits ou pas des mesures annoncées, ils attendent des précisions...

Recueilli par Catherine Fournier

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Le 2 juin, Nicolas Sarkozy avait annoncé une réforme du lycée. Une table ronde et des négociations bilatérales plus tard, le ministre de l'Education a présenté ce mardi 21 octobre les changements prévus à la rentrée 2009 en Seconde. Plusieurs syndicats d'enseignants ont été invités à participer à cette refonte, conduite par Jean-Paul de Gaudemar, le recteur de l'académie d'Aix-Marseille.

20minutes.fr a interrogé trois d'entre eux: le Snes, syndicat majoritaire des enseignants du secondaire, qui a claqué la porte des discussions il y a dix jours, le SNPDEN, le syndicats des proviseurs et le Se-Unsa, qui représentent les enseignants du premier degré et du second degré.

«Il reste beaucoup d'ambiguïtés»

Le Snes, qui reprochait à la réforme de ne viser au final que des économies budgétaires, est moins sévère à l'arrivée. En partie parce que la voie technologique et la voie générale resteront bien distinctes à partir de la Première, contrairement à ce qui avait été envisagé. Le Snes reste toutefois sur sa faim concernant certains points. «Le ton se veut rassurant, mais il reste beaucoup d'ambiguïtés», souligne Frédérique Rolet, la porte-parole. «Ainsi, on ne sait pas ce qui se cache derrière l'appellation “sciences expérimentales” dans le tronc commun ni ce que vont devenir certaines disciplines dans la partie optionnelle (les modules, ndlr), comme les enseignements artistiques ou les sciences économiques et sociales. Il ne faut pas oublier que 40% des élèves choisissent cette option comme enseignement de détermination», rappelle Frédérique Rolet.

Une inquiétude partagée par le syndicat des proviseurs. «On ne voit pas très bien comment va s'opérer le choix des élèves concernant les modules d'enseignement», note Jean-Claude Lafey, secrétaire national du SNPDEN. «Seront-ils vraiment moins déterminants? Les petits lycées seront-ils en mesure de proposer les quatre modules? Est-ce vraiment une bonne chose de pouvoir changer en cours de route?» Idem pour la nouvelle grille horaire (30 heures en tout, ndlr). «Si le volume est fixé, la répartition par matières n'est pas précisée.» Autant de questions qui appellent des précisions sur une réforme qui n'est qu'«un point d'étape», selon Jean-Claude Lafey. Or, souligne-t-il, «la rentrée prochaine est généralement préparée en novembre, ça va être très serré».

«La montagne accouche d'une souris»

Par ailleurs, si le SNPDEN se félicite comme le Snes que la voie technologie garde sa «spécificité», il se dit surpris de découvrir des mesures qui n'avaient pas été discutées. C'est le cas de la mise en place de quatre conseils de classe tous les demi-semestres en Seconde. «Ça laisse peu de temps à l'élève pour respirer», déplore Jean-Claude Lafey.

Le Se-Unsa est de loin le plus déçu. Premièrement parce qu'il aspirait à ce que les voies technologique et générale ne soient plus étanches, afin de revaloriser la filière techno. «On va continuer d'y orienter en Première les élèves en échec et c'est dommage», regrette Claire Krepper, secrétaire nationale. De manière générale, le syndicat estime que la réforme présentée ce mardi n'est «pas aussi ambitieuse qu'elle devait l'être. La montagne accouche d'une souris. Si ce n'est une réorganisation de l'année, il n'y a pas de nouveauté susceptible de bouleverser le fonctionnement du lycée», estime-t-elle. Quant aux trois heures d'accompagnement individualisé, Claire Krepper dénonce «un dispositif fourre-tout, qui comprend aussi bien du soutien scolaire que des travaux interdisciplinaires et de l'orientation».

Et vous, que pensez-vous de la réforme? Dites-le nous dans les commentaires ci-dessous...