Roselyne Bachelot part en guerre contre le «binge drinking»

SANTE La ministre de la Santé annoncera mercredi une série de mesures destinées à lutter contre l'alcoolisation massive chez les jeunes...

Julien Ménielle

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"L'alcool est trop souvent pris par les jeunes comme un produit plaisir qu'ils ont la sensation de maîtriser", a commenté Philippe Lamoureux, directeur général de l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé
"L'alcool est trop souvent pris par les jeunes comme un produit plaisir qu'ils ont la sensation de maîtriser", a commenté Philippe Lamoureux, directeur général de l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé — Frank Perry AFP/Archives

Sauver les jeunes. Telle est la mission que s'est fixée Roselyne Bachelot. Pour ce faire, la ministre de la Santé a tenu à leur réserver un volet de son projet «Patients, santé et territoires», qu'elle présentera ce mercredi.

Quels périls guettent donc la jeunesse française? Le tabac, mais surtout l'alcool, si on en croit l'avant-projet de loi du ministère. Pour lutter contre ces fléaux, une série de mesures devrait être annoncée.

Prohibition pour les mineurs

Les «cigarettes bonbons» vont être interdites. Par ce terme, le texte cible les produits «dont le goût a été modifié afin d'attirer particulièrement un public jeune». Plus question, donc, de vendre, ni même de distribuer, des cigarettes aromatisées à la vanille ou au chocolat.

Jugée «obsolète», la législation sur la vente d'alcool aux mineurs est appelée à changer. Ainsi, il devrait bientôt être interdit de fournir toute boisson alcoolisée à une personne âgée de moins de 18 ans ou ne pouvant établir la preuve de sa majorité, quel que soit le type de commerce. Actuellement, suivant les établissements et le type de produit, l'âge minimum pouvait descendre jusqu'à 16 ans.

Des répercussions pour le «grand public»


D'autres pratiques, ne ciblant pas exclusivement les plus jeunes, mais identifiées comme ayant «des conséquences sur les conduites d'alcoolisation massive» sont aussi visées. La lutte contre le «binge drinking», risque de signer la fin des soirées «open bar».

Par ailleurs, la vente de boissons alcoolisées réfrigérées ou la livraison à domicile, susceptibles de favoriser une consommation immédiate et abusive, seront fermement encadrées. Enfin, les stations services ne seront plus autorisées à vendre de l'alcool, alors qu'elles peuvent actuellement le faire entre 6h et 22h.

Le texte prévoit des sanctions pour les commerçants peu zélés. Ce mardi, le tribunal correctionnel de Nantes a condamné le gérant d'une supérette qui avait vendu en avril dernier, de l'alcool à deux adolescents de 15 ans.

Le plan «Santé, patients, territoires» contient quatre volets
Population et prévention, qui concerne la santé des jeunes et des femmes
Accès de tous à des soins de qualité, qui organise l'offre de soins en France, avec la répartition démographique des étudiants en médecine, la gestion de la permanence des soins ambulatoires ou l'encadrement de structures de soins alternatives (centre de soins, télémédecine)
Modernisation des établissements de santé, qui définit les missions des établissements de santé, principalement du secteur public. Ce volet a également pour objectif de favoriser les coopérations entre établissements et de moderniser la recherche clinique.
Organisation territoriale du système de santé, qui prévoit la création des agences régionales de santé.