Imprimer des organes, c'est possible

SCIENCES Un chercheur japonais a mis au point une imprimante biologique capable de recréer des tissus humains...

Avec agence

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Imprimante Brother DCP-770 W.
Imprimante Brother DCP-770 W. — DR

Vous perdez vos cheveux? Courez acheter l'imprimante de Makoto Nakamura. Ce chercheur japonais expérimente en effet la technologie des systèmes d'impression à jet d'encre pour recréer des tissus humains. Il a déjà réussi à fabriquer un cylindre d'un dixième de millimètre de diamètre, équivalent à celui d'un cheveu.

Le savant fou est parti du principe qu'un organe humain est un assemblage très ordonné de cellules, que celles-ci ont à peu près les mêmes dimensions que les gouttes bombardées sur du papier par une imprimante à jet d'encre.

Imprimer en 3D

Problème: si une photo est plate, un organe comprend trois dimensions. Makoto Nakamura a donc eu l'idée de projeter des cellules sur des milliers de couches superposées. «C'est comme construire un gratte-ciel à une échelle microscopique en utilisant différents types de cellules», explique-t-il.

Ce chercheur de 49 ans, qui enseigne également à l'université de Toyama, a donc mis au point une «imprimante biologique», fruit de trois années d'efforts. Il est même parvenu à convaincre le fabricant Epson de lui fournir une assistance technique pour résoudre ses nombreux problèmes liés aux buses d'impression bouchées par des cellules.

«Au final, j'espère faire un cœur»

Son imprimante cellulaire est désormais dotée d'un jet d'une précision d'un millième de millimètre, capable de construire un tube de cellules d'un centimètre et demi de haut en une minute. Le chercheur a par ailleurs réussi à prouver que les cellules survivent à ce traitement.

En plus d'un cheveu, Makoto Nakamura est parvenu à «imprimer» un tube d'un millimètre de diamètre possédant une structure similaire à celle d'un vaisseau sanguin. «Au final, j'espère faire un cœur», annonce-t-il fièrement. Il aimerait ainsi pouvoir produire en laboratoire des organes prêts à être greffés.

Le chercheur reconnaît qu'il lui faudra probablement une vingtaine d'années avant d'arriver à réaliser cet exploit. S'il estime que sa technique «sera indispensable pour positionner les cellules souches», il reconnaît qu'il «ignore vraiment quelles seront les applications futures». Une chose est sûre, en tout cas, il a vraiment envie d'essayer.