Soeur Emmanuelle rejoint l'abbé Pierre

Stéphane Colineau (avec AFP) - ©2008 20 minutes

— 

Si la valeur se mesure à l'aune des hommages reçus, c'est un personnage immense qui s'est éteint. Soeur Emmanuelle est décédée dans la nuit de dimanche à lundi, moins d'un mois avant de fêter ses 100 ans. La religieuse préférée des Français, adversaire acharnée de la pauvreté, est morte dans son sommeil, dans sa maison de retraite de Callian (Var). Elle ne souffrait d'« aucune maladie particulière », mais se sentait « fatiguée », a indiqué Trao Nguyen, président d'Asmae-Association Soeur Emmanuelle. Cette disparition survient moins de deux ans après celle de l'abbé Pierre, autre figure de la lutte contre l'exclusion.

Sitôt le décès annoncé, les éloges se sont multipliés. Nicolas Sarkozy a salué « une femme d'action débordante d'énergie ». Le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a déploré la disparition de « la plus jeune, la plus belle, la plus obstinée des militantes ». Pour Ségolène Royal, « sa vie doit servir d'exemple en cette période du règne de l'argent ».

Les autorités religieuses ont aussi rendu un hommage appuyé à la religieuse franco-belge. Le Vatican a célébré « une grande figure de la charité chrétienne ». Le recteur de la Mosquée de Paris a salué « une grande pionnière de la solidarité humaine du XXe siècle ». Selon le Conseil représentatif des institutions juives de France, la défunte a défendu « les plus belles des valeurs morales fondant l'humanité ».

Les obsèques de Soeur Emmanuelle se dérouleront demain à Callian dans la plus stricte intimité. Le même jour, une messe sera célébrée en la cathédrale Notre-Dame de Paris.