Quel hôpital pour 2012?

SANTE La répartition des aides financières annoncées par Roselyne Bachelot ne fait pas que des heureux...

J.M. avec agence
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Les affectations de l'appareil locomoteur (problèmes musculaires ou articulaires) étaient en 2006 la pathologie la plus fréquemment signalée parmi les maladies à caractère professionnel, devant la souffrance psychique, selon une étude de l'Institut de veille sanitaire (Invs) publiée mardi.
Les affectations de l'appareil locomoteur (problèmes musculaires ou articulaires) étaient en 2006 la pathologie la plus fréquemment signalée parmi les maladies à caractère professionnel, devant la souffrance psychique, selon une étude de l'Institut de veille sanitaire (Invs) publiée mardi. — Pierre Verdy AFP/Archives

Roselyne Bachelot  a détaillé ce vendredi la liste des 19 établissements franciliens dont le projet a été retenu dans le cadre du plan «Hôpital 2012».  La veille, elle avait annoncé les 250 projets retenus sur les 2.000 présentés. La répartition des aides financières fait déjà débat.


Première crainte, les «bons élèves» seraient récompensés. A savoir, ceux qui vont dans le sens de la «recomposition du paysage hospitalier» souhaitée par Nicolas Sarkozy. Concrètement, le regroupement d'activités techniques complexes dans les grands centres hospitaliers, et la reconversion des petites structures dans l'accueil des personnes âgées.


Cédric Lussiez, porte-parole de le Fédération hospitalière de France (FHF), préfère penser que «cette première série d'aides récompense les établissements réactifs, ayant présenté des projets faciles à mettre en place rapidement, et cofinancés par leurs auteurs». Il reconnaît cependant que le ministère avait annoncé la couleur sur ses priorités.


Des doutes sur le fond, mais aussi sur la forme


De son côté, la Fédération de l'hospitalisation privée (FHP) a peur d'être le grand perdant de l'histoire, et regrette que seuls 7,5% des projets privés aient été retenus. «On attendait plus d'équité, d'autant que nous représentons plus du tiers de l'activité hospitalière», note Christine Auberton, porte-parole de la FHP.


Elle digère également mal d'avoir appris la nouvelle par la presse. «De nombreux dossiers étaient ficelés depuis des semaines, et leurs auteurs étaient pourtant en contact avec les autorités», explique Christine Auberton. Des dossiers «répondant en tous points aux critères du ministère», selon elle.


Autres voix dans le cortège des mécontents, celles qui ont accueilli la ministre de la Santé à Jossigny(googlemap) ce vendredi. Une centaine de manifestants, des personnels hospitaliers de Coulommiers, Meaux et Lagny s'étaient rassemblés à l'appel d'une intersyndicale Sud-CGT-FO. Ils entendaient protester contre l'arrêt d'activité de certaines spécialités, jugées non rentables, et leur départ vers le privé «à un coût qui ne sera pas le même», comme le précise François Tartivot, délégué syndical Sud-Santé.


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Le plan Hôpital 2012 concerne les sites publics et privés. Il se décline en deux axes.
La modernisation des établissements, avec la mise aux normes de sécurité et l'informatisation des dossiers.
Les recompositions hospitalières et la mise en oeuvre des Schémas régionaux d'organisation sanitaire (SROS) avec la reconversion des établissements insuffisamment actifs et des regroupements.
Une seconde phase aura lieu courant 2009, et de nouvelles aides seront accordées à d'autres projets.