Clearstream gagne ses procès contre Denis Robert

JUSTICE La société poursuivait le journaliste indépendant pour diffamation…

MD avec agence

— 

Le journaliste Denis Robert, qui a écrit deux livres sur Clearstream, société financière installée au Luxembourg, au coeur d'un dossier financier devenu affaire d'Etat, estime que les comptes dénoncés par "le corbeau" peuvent avoir existé.
Le journaliste Denis Robert, qui a écrit deux livres sur Clearstream, société financière installée au Luxembourg, au coeur d'un dossier financier devenu affaire d'Etat, estime que les comptes dénoncés par "le corbeau" peuvent avoir existé. — Martin Bureau AFP/Archives

Clearstream a remporté jeudi trois procès en diffamation contre Denis Robert, la cour d'appel de Paris estimant que le journaliste avait bien diffamé la société financière luxembourgeoise en l'accusant de blanchir de l'argent sale dans ses ouvrages «Révélations» et «La boîte noire», publiés en 2001 et 2002.

Le 4 septembre, trois affaires différentes avaient été plaidées devant les magistrats de la 11e chambre, au cours d'une audience civile. Dans une première affaire, la cour d'appel a jugé que le journaliste indépendant avait «publiquement diffamé» Clearstream. La cour l'a condamné avec son éditeur, Les Arènes, à verser à la société luxembourgeoise 1.500 euros de dommages et intérêts et 3.000 euros de frais de justice.

Dans les deux autres dossiers, c'est Denis Robert qui avait fait appel. Le 29 mars 2004, la justice avait en effet donné gain de cause à Clearstream et condamné l'auteur pour «Révélations», ainsi que pour un reportage diffusé par Canal+ quelques jours après la publication de l'ouvrage. Jeudi, la cour d'appel a confirmé ces deux décisions, tout en alourdissant les dommages et intérêts de u1 à 1.500 euros.

Diffamer n'est pas mentir

«Un jour, ces condamnations seront comme une légion d'honneur pour moi», a réagi Denis Robert, rappelant que «lorsqu'on est condamné en diffamation, ça ne veut pas dire qu'on a menti», avant d'ajouter «Je ne regrette rien». L'ancien journaliste de «Libération» s'est dit «très fier de (s)on travail, mais moins de la justice». Il compte former un pourvoi en cassation.