Loïc Sécher: emprisonné pour viol, sa peine pourraît être révisée

JUSTICE En avril dernier, la victime avait envoyé une lettre pour disculper...

Avec agence

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Après avoir passé six années derrière les barreaux pour le viol d'une adolescente, Loïc Sécher pourrait voir lundi sa peine suspendue, si la commission de révision des condamnations pénales donnait suite à sa requête.

Bien qu'il ait toujours clamé son innocence, Loïc Sécher a été condamné en 2003 à 16 ans de réclusion criminelle pour viols, tentatives de viol et agressions sexuelles par la cour d'assises de Loire-Atlantique. Un verdict confirmé en appel puis par la Cour de cassation.

Mais, coup de théâtre, la victime, une jeune fille «fragile psychologiquement», âgée de 13 ans au moment des faits, a envoyé fin avril au parquet général une lettre affirmant que Loïc Sécher était «innocent et qu'elle ne support(ait) plus de le savoir en prison».

Prématuré

L'ancien ouvrier agricole, aujourd'hui âgé de 47 ans, a alors déposé à la commission de révision des condamnations pénales une requête en suspension de peine, parallèlement à une requête en révision à proprement parler. La décision est attendue lundi à 14h.

Lors de l'audience du 29 septembre, l'avocat général Gilles Lucazeau avait toutefois estimé une telle décision prématurée. Le parquet général considérait en effet qu'«il y avait, en l'état, d'autres éléments confortant les accusations d'origine, la lettre de rétractation n'étant pas seule de nature à justifier la suspension de l'exécution de la peine».

L'exemple de Marc Machin


Instituée le 23 juin 1989, la commission de révision des condamnations pénales a pour mission d'examiner les demandes en révision présentées par les condamnés, ainsi que leurs demandes de suspension de peine.

Dernièrement, c'est Marc Machin qui s'est vu accorder une suspension de peine et donc une remise en liberté, sa culpabilité dans le meurtre d'une femme au pont de Neuilly en 2001 ayant été mise en doute par l'apparition d'un autre suspect. Depuis le début du XXe siècle, six dossiers criminels ont été au bout de la procédure de révision, qui s'est soldée par l'acquittement de personnes condamnées à tort.