Marina Petrella reste en France

Bastien Bonnefous - ©2008 20 minutes

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Libre, mais malade. Marina Petrella, ex-membre des Brigades rouges, qui vit en France depuis quinze ans, ne sera finalement pas extradée vers l'Italie, où elle aurait dû purger une peine de prison à perpétuité. Nicolas Sarkozy a décidé hier de ne pas appliquer le décret d'extradition, alors que le cas Petrella devait être examiné mercredi par le Conseil d'Etat. L'Elysée a choisi de faire une exception pour « raisons humani­taires », a expliqué hier, Me Irène Terrel, l'avocate de Marina Petrella, confirmant une information du JDD.

Arrêtée durant l'été 2007 à Argenteuil (Val-d'Oise), où elle travaillait comme assistante sociale, Marina Petrella, 54 ans, était hospitalisée depuis la fin août pour une très forte dépression. Refusant de retourner en Italie, elle avait choisi « l'abandon de vie », selon ses médecins. Ancienne responsable des Brigades rouges, elle avait été condamnée par la justice italienne, en 1992, pour complicité dans le meurtre d'un policier en 1980. Réfugiée en France depuis 1993, elle bénéficiait de la « doctrine Mitterrand », accordant l'asile aux ex-activistes transalpins en échange de l'arrêt des violences. Une position abandonnée par Paris en 2004, et qui a notamment entraîné l'extradition de Cesare Battisti.

Hier, les proches de Marina Petrella ont exprimé leur « soulagement ». Pour son mari, « le cauchemar s'arrête ». En revanche, une association italienne de vic­times des brigadistes a « regretté » le choix français. « Il y a eu condamnation, elle doit être appliquée », a-t-elle estimé. Ajoutant que Petrella aurait très bien pu « être soignée dans des structures italiennes ».