L'ex-brigadiste Marina Petrella ne sera pas extradée

ITALIE Nicolas Sarkozy a décidé de faire jouer la clause humanitaire...

Avec agence

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Le président Nicolas Sarkozy a renoncé à faire appliquer le décret autorisant l'extradition de l'ancienne membre des Brigades rouges Marina Petrella, assure Le Journal du Dimanche dans sa dernière édition.
Le président Nicolas Sarkozy a renoncé à faire appliquer le décret autorisant l'extradition de l'ancienne membre des Brigades rouges Marina Petrella, assure Le Journal du Dimanche dans sa dernière édition. — Joël Saget AFP/Archives

L'ex-membre des Brigades rouges Marina Petrella ne sera pas extradée vers l'Italie en raison de sa «situation de santé», a confirmé ce dimanche l'Elysée dans un communiqué. «Cette mesure individuelle a été prise en considération de la seule situation de santé de Marina Petrella. Elle n'atténue en rien l'engagement de la France en matière de lutte contre le terrorisme ainsi que sa coopération avec les autres démocraties dans ce domaine», poursuit le communiqué.

«Elle a beaucoup pleuré»

Un peu plus tôt, l'avocate de Marina Petrella, Irène Terrel, avait indiqué que Nicolas Sarkozy avait décidé de ne pas appliquer le décret autorisant son extradition pour des «raisons humanitaires», confirmant une information du «Journal du dimanche».

Cette décision, «guidée par la raison et par le cœur», a été «notifiée samedi à Marina Petrella à l'hôpital», a ajouté l'avocate, qui l'a jugée également importante «symboliquement pour la France» où «l'humanitaire reste une valeur forte». En apprenant la décision, Marina Petrella «a beaucoup pleuré. Mais elle n'est pas en état» d'être soulagée, a poursuivi Irène Terrel, qui s'est dit «soulagée à sa place». «Les médecins sont réservés» sur sa guérison et «j'espère qu'elle parviendra à se reconstruire», a-t-elle ajouté.

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L'état physique et mental de Marina Petrella n'a cessé de se détériorer depuis un an et l'ancienne brigadiste est restée incarcérée jusqu'à ce que la cour d'appel de Versailles autorise début août sa remise en liberté sous contrôle judiciaire, afin de lui permettre de recevoir des soins sans être détenue. Elle est hospitalisée à l'hôpital parisien Sainte-Anne.

Cette décision intervient alors que le Conseil d'Etat devait examiner mercredi un recours déposé par Marina Petrella contre le décret autorisant son extradition. «On se désiste de ce recours, qui n'a plus d'objet», a précisé Irène Terrel. Un décret du gouvernement, en date du 3 juin, autorisait l'extradition de l'ex-brigadiste vers l'Italie, où elle a été condamnée en 1992 à la perpétuité pour complicité dans le meurtre d'un commissaire à Rome en 1981.

Réfugiée en France depuis 1993

Les proches et soutiens de l'ancienne brigadiste de 54 ans avaient demandé au président Nicolas Sarkozy l'application en faveur de celle-ci d'une «clause humanitaire» prévue par la convention d'extradition franco-italienne de 1957.

Ancienne dirigeante de la «colonne romaine» des Brigades rouges, réfugiée en France depuis 1993, Marina Petrella avait été arrêtée en août 2007 dans le Val-d'Oise où elle travaillait comme assistante sociale.

 Cesare Battisti L'ancien dirigeant des Prolétaires armés pour le communisme (PAC), un groupe d’extrêm-gauche en Italie, avait pris la fuite en 2004 alors qu’il était menacé d'expulsion de France vers l'Italie, où il avait été condamné en 1993 à la réclusion à perpétuité pour sa participation à quatre meurtres. Il a été arrêté au Brésil en mars 2007 et devrait être extradé en Italie.