Procès Ferrara: le complice présumé aux 350.000 euros

JUSTICE Le colosse Hamid Hakkar a été interrogé ce jeudi...

Bastien Bonnefous

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Antonio Ferrara, interrogé sur sa personnalité mercredi au procès de son évasion de 2003 à la cour d'assises de Paris, a oscillé entre un peu de sérieux et beaucoup de provocation, éludant tout ce qui a trait à son parcours de délinquant tombé dans le grand banditisme.
Antonio Ferrara, interrogé sur sa personnalité mercredi au procès de son évasion de 2003 à la cour d'assises de Paris, a oscillé entre un peu de sérieux et beaucoup de provocation, éludant tout ce qui a trait à son parcours de délinquant tombé dans le grand banditisme. — Benoit Peyrucq AFP

Grande taille, mâchoire carrée et corps musclé par la fonte, Hamid Hakkar impressionne. Cheveux longs bouclés et coiffés en arrière, celui qui confirme devant les assises de Paris son surnom de «Julio», est un des principaux acteurs du procès Ferrara, selon l’accusation.

Alors que, paradoxalement, il est un des accusés qui risquent le moins. Hamid Hakkar, 39 ans, n’est pas poursuivi pour avoir participé à l’évasion de «Nino» de la prison de Fresnes en mars 2003.

Argent et faux papiers

Arrêté avec «le Petit» en juillet 2003, la justice lui reproche d’avoir aidé sa cavale en lui fournissant argent et faux papiers. Au final, il encourt cinq ans de détention, contre la perpétuité pour la plupart des autres membres présumés du commando.

Reste que son casier judiciaire est chargé. Condamné à plusieurs reprises pour trafic de drogues, Hakkar a pris, en 2005, quinze ans de prison pour meurtre. Trafics et homicide qu’il nie.

Après son arrestation en 2003, la police a trouvé chez lui plus de 350.000 euros en espèces. «Je faisais du transfert de fonds pour des commerçants à l’étranger», a-t-il expliqué ce jeudi.

27 transferts de prison en cinq ans

Tous ses frères ont connu la prison, certains y sont toujours. Lui dénonce un «acharnement judiciaire contre la famille Hakkar». Evadé du bureau du juge d’instruction dès sa première affaire de vol à 21 ans, «Julio» remet le couvert en 1998 lors d’un parloir en échangeant avec un visiteur complice.

Aujourd’hui, la pénitentiaire redoute une nouvelle évasion de ce détenu décrit comme «frustre et présentant un fond psychopathe». Lui retient surtout qu’il a été «transféré 27 fois de prison en cinq ans».

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