Retrouvailles entre amis au procès de « Nino » Ferrara

Bastien Bonnefous - ©2008 20 minutes

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Il sourit. C'est un Antonio Ferrara détendu qui est apparu hier au premier jour de son procès au Palais de Justice de Paris pour son évasion de la prison de Fresnes, en avril 2003. Pour celui qui, depuis son arrestation en juillet 2003, est placé à l'isolement total, deux mois d'un procès en compagnie de ses complices présumés sont comme une bouffée d'oxygène. Même si au bout, il y a le risque de la prison à vie.

Mal rasé, cheveux courts, sweat noir, « Nino » est placé en bout de rangée dans le box vitré de la cour d'assises. A sa gauche, assis, onze autres accusés, dont plusieurs de ses proches - son petit frère Diego, ses copains Moussa Traoré ou Karim Bouabbas. Derrière eux, debout, quinze gendarmes armés, qui les collent comme leur ombre. Une brochette de braqueurs présumés visiblement à l'aise et heureux de se retrouver pour bavarder. Des habitués des assises qui, à la question de la présidente, Janine Drai, sur « leur profession avant leur arrestation », répondent pour certains « en cavale » ou « Assedic ». Deux métiers détonnent dans la salle bondée : ceux d'« avocat » et de « surveillant pénitentiaire », respectivement Karim Achoui, ex-conseil de Ferrara, et Hocine Kroziz, tous deux complices présumés de l'évasion. Ferrara, lui, fait le spectacle. Dès son entrée, il lance un « bonjour » enjoué à la cour, puis distribue au fil de l'audience des clins d'oeil dans la salle. Il se permet même de récuser personnellement un juré. « Excusez-moi, mais j'ai un pressentiment », lâche-t-il à la présidente.

L'ambiance se tend en fin de journée. Karim Bouabbas se lève et réclame « un bloc de papier et un stylo pour pouvoir prendre des notes ». Ses voisins opinent, mais la présidente évoque « un problème de sécurité ». Bachir Aïrouche embraie et se plaint du plateau-repas « infect » servi au déjeuner. « Perso, pendant deux mois, je mange pas ça. Je viendrai pas à votre jugement », menace-t-il. Pendant ce temps, assis dans son coin, « Nino » sourit.