Campagne choc contre les hommes violents

Laure de Charette - ©2008 20 minutes

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Petit à petit, on parle moins des « femmes battues » et plus des « hommes violents ». Pour la première fois, la nouvelle campagne d'information sur les violences faites aux femmes lancée hier par Valérie Létard, secrétaire d'Etat à la Solidarité, s'adresse aux témoins, mais aussi directement aux hommes. « Vous pensez l'aimer, et pourtant vous êtes violent... », lit-on sur l'un des dépliants. Le message adressé aux auteurs d'insultes, d'humiliations voire de coups met l'accent sur la répression : pour une agression psychologique, une gifle ou un viol, voilà quel type de sanction il encourt.

Efficace, la menace ? Pas toujours. Souvent, les hommes violents - au quotidien ou ponctuellement - n'ont aucune conscience de leurs actes. Comme le raconte Nicolas sur le site du ministère* : « On claque la porte d'entrée ou la portière de la voiture, on fait crisser les pneus, on ne prend pas la peine de dire bonjour, on s'installe, le visage fermé. Pour ces attitudes qui induisent un stress énorme chez le conjoint, on pourrait être qualifié d'agresseur, mais on n'en est pas conscient. » Le directeur de l'association Parenthèses à la violence, Pascal Cuenot, confirme que la menace de la sanction ne suffit pas à amadouer les hommes violents : « Ils se trouvent dans un brouillard. Ils ne s'identifient pas au monstre qui est dénoncé à la télé. » C'est seulement quand les policiers frappent à la porte ou qu'un tiers porte plainte que l'électrochoc se produit.