Jeux osés à la fac de médecine d'Amiens

ETUDES Le témoignage d'une 1re année a fait naître des rumeurs de bizutage, Valérie Pécresse a diligenté une enquête...

Avec agence

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Les trois universités d'Aix-Marseille ont annoncé samedi qu'elles avaient décidé de s'unir pour former d'ici deux ans l'une des plus grosses universités françaises, Aix-Marseille Université, qui aura quelque 70.000 étudiants et couvrira "la totalité des champs disciplinaires".
Les trois universités d'Aix-Marseille ont annoncé samedi qu'elles avaient décidé de s'unir pour former d'ici deux ans l'une des plus grosses universités françaises, Aix-Marseille Université, qui aura quelque 70.000 étudiants et couvrira "la totalité des champs disciplinaires". — Boris Horvat AFP/Archives

Du bizutage à la fac de médecine d’Amiens? Le témoignage de Marion, recueilli par un journaliste de RTL en ces premiers jours de rentrée universitaire, dévoile des scènes troublantes au début des cours de 1re année. Des «choses immondes», positions sexuelles mimées, danses suggestives, garçon nu ou encore l’élection de Miss PO (Pute officielle) ont marqué l’étudiante. Mais selon elle, personne n’a été contraint.

RTL a parlé «d’humiliations» et de «bizutage», évoquant l’attitude insultante des redoublants (les carrés) envers les étudiants de 1re année (les bizuts), et notamment l’interdiction de l’accès à l’amphithéâtre, sauf pour les «jolies filles.» Le tout sous le regard de professeurs effrayés.

Valérie Pécresse raconte son bizutage

Valérie Pécresse, invitée de la matinale de la radio, a immédiatement réagi: «Je vais demander au rectorat de prendre toutes les mesures qui s'imposent.» Avant de marteler: «Nous condamnons fermement toutes les pratiques de bizutage, qui sont interdites par la loi.» Tout en estimant qu'elles sont en «net reflux».

La ministre de l’Enseignement supérieur a rappelé sa propre expérience: elle a fait l'objet d'un «bizutage extrêmement dur, dans une classe préparatoire». «J'en garde le souvenir de rites humiliants, moralement et psychologiquement, qu'on peut supporter quand on est soi-même très solide, mais qui peuvent briser des jeunes, pour toute l'année.»

Une enquête interne a été diligentée. Le commissariat d’Amiens a également lancé des investigations, selon le parquet local.

«Folklore carabin»

Les étudiants de la corporation locale ont fait part de leur «étonnement» face à l'ampleur prise par l'affaire. Des carrés évoquent «des coutumes». Lire le témoignage d'une étudiante ici.

Les responsables de l’université amiénoise ont tenu à minimiser les faits. «D'après les premiers éléments de notre enquête interne, les faits de bizutage ne seraient pas avérés, mais l'enquête continue. Des manifestations de mauvais goût auraient eu lieu, ce qu'on appelle communément le folklore carabin», a confié Ahmed Charaï, le recteur de l'académie. «D'après les informations du président de l'université, tous les étudiants qui ont participé à ce folklore étaient volontaires.»

Le président de l'université, Georges Fauré, a précisé dans un communiqué qu'il «n'apparaîtrait pas que des pratiques dégradantes imposées par certains étudiants à d'autres aient eu lieu». Selon lui, «seules des manifestations de type folklore carabin, selon la terminologie des étudiants, auraient pu avoir lieu. Dès à présent, tout est mis en oeuvre pour empêcher que ces agissements de mauvais goût ne se reproduisent».

«J'ai été informé qu'on aurait fait état de soi-disant bizutage. D'après ce qui m'a été redit, il n'y a rien de tel», avait auparavant expliqué le professeur Bernard Nemitz, doyen de la faculté de médecine, rappelant que des mesures strictes contre le bizutage avaient été prises dans la faculté «depuis très longtemps.