EDUCATION

Suicide d'un enseignant dans un collège de l'Aisne

Il s'est pendu...

Un professeur d'un collège de l'Aisne, placé quelques heures jeudi en garde à vue à la suite d'une plainte d'un de ses élèves qui l'accusait de lui avoir donné un coup de poing, a été retrouvé pendu à son domicile vendredi.

Enseignant au collège César-Savart de Saint-Michel, le professeur de 38 ans, retrouvé vendredi par les pompiers et les gendarmes, avait semble-t-il «un faisceau de problèmes familiaux». Récemment séparé de sa compagne, père d'un enfant de 8 ans, il semblait sombrer ces temps-ci, disent ses proches. Son suicide ne peut donc, à ce stade de l'enquête, être lié formellement à sa garde à vue.

Altercation avec un élève

Le professeur aurait eu un différend mardi avec un élève de 15 ans, arrivé en retard en classe.

C'est lors d'une explication sans témoin, à la fin de la classe et dans la salle de cours, que l'enseignant aurait donné un coup de poing à l'élève, lequel avait porté plainte avec ses parents mercredi.

Le professeur, qui niait les faits, avait été placé en garde à vue jeudi matin pour violences ayant entraîné une incapacité totale de travail (ITT) inférieure à huit jours par une personne chargée d'une mission de service public.

Sa garde à vue avait été levée jeudi en fin d'après-midi et l'enquête devait se poursuivre pour permettre à la justice de décider des suites à donner à cette affaire.

Ce suicide pourrait créer une polémique d'autant plus grande que le syndicat Snes-FSU de l'Aisne a condamné la «disproportion des moyens policiers avec la nature des faits reprochés à ce professeur». Selon le Snes, ce suicide est révélateur d'une situation de crise dans l'Education nationale: c'est l'«illustration de la dégradation de la situation de tous les enseignants, qui doivent faire face dans leur quotidien à des jeunes qui sont de moins en moins encadrés par des personnels qualifiés en nombre suffisants».