La SNCF veut miser sur le TER

Recueilli par Mickaël Bosredon - ©2008 20 minutes

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Jean-Pierre Farandou

Directeur de SNCF Proximité.

Pensez-vous que la croissance du trafic des TER va se poursuivre ?

Elle est de 6-7 % par an - 2 à 3 % pour l'Ile-de-France - et elle est constante. Donc, la réponse est oui. Il faut surtout noter que 38 % du trafic RER se situe en zone périurbaine, et que cette part croît de 10 % par an. Dans cinq à dix ans, la moitié du TER sera périurbain. Il se « RERise ». C'est ce qui explique que les régions passent toutes au cadencement [succession des trains à horaires fixes], et que nous améliorons la correspondance entre le train et les autres transports pour satisfaire notre clientèle. La moitié des usagers du TER utilise en effet un mode de déplacement complémentaire au train : vélos, bus, métro ou voiture. Cette urbanisation explique d'autre part que nous supprimions le contrôleur unique et systématique dans les trains, au profit de groupes de contrôleurs, qui se déplacent de manière aléatoire, comme dans les RER.

Est-ce la raison pour laquelle le tram-train se développe fortement en France ?

Oui, il se développe car les agglomérations veulent, à partir de leur réseau urbain de tramway, proposer un transport qui circule sur le réseau TER. Et le tram-train peut rouler sur les deux. Il est en même temps assez souple pour s'insérer en ville, et suffisamment résistant pour côtoyer des trains et assurer de plus longues liaisons.

La correspondance entre train et transport en commun n'est cependant pas encore au point. Comment l'améliorer ?

Une centaine d'agglomérations en France ont déjà mis en place une tarification combinant train et réseau urbain. En Rhône-Alpes, 90 % des abonnés ont souscrit un abonnement Oura, combinant TER et réseau urbain, et qui s'étend ce mois-ci au réseau de vélos en libre-service Vélo'v. La SNCF adapte, elle, les horaires des bus à ceux des trains. A Dammartin-en-Goële (Seine-et-Marne), désormais le dernier bus du soir attend le dernier train. C'est une amélioration considérable, car le voyageur ne craint plus de rater son bus.

Il reste aussi le problème de l'information des voyageurs, sur lequel la SNCF n'est pas très performante...

Nous avons créé des systèmes d'information de porte à porte - des logiciels permettant de calculer son itinéraire - dans les Pays de la-Loire, en Bretagne et en Ile-de-France. En région parisienne, nous installons en ce moment plus de 1 000 écrans plats sur la ligne D du RER, et nous testons un nouveau système d'affichage des retards des trains, dans les bus d'Evry. L'information est une priorité.