La thèse de l'agression antisémite s'éloigne

Bastien Bonnefous - ©2008 20 minutes

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La piste antisémite semble être abandonnée par la police. Les enquêteurs chargés d'élucider l'agression de trois jeunes juifs rue Petit (19e arrondissement de Paris), le 6 septembre, privilégient désormais « un phénomène de bandes ethniques et communautaires », selon le Syndicat national des officiers de police (Snop). En lieu et place d'une agression exclusivement antisémite, la bagarre du 6 septembre relèverait davantage de « tensions entre jeunes » dans un quartier marqué par de forts heurts. Cinq des six jeunes interpellés lundi étaient hier toujours en garde à vue. Plusieurs d'entre eux auraient nié toute agression antisémite. Selon le Snop, le 19e devient de plus en plus le théâtre de « batailles rangées » entre bandes. Lundi soir, deux personnes ont été blessées au couteau, et il y a deux semaines, un homme a été abattu.

Dès l'agression du 6 septembre, le Conseil représentatif des institutions juives de France s'était dit « certain » de son caractère antisémite. La ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, et le maire de Paris, Bertrand Delanoë, en avaient aussi évoqué la possibilité.