Darcos veut une médaille pour les bacheliers: «une mesure bling-bling»

EDUCATION Le ministre veut remettre à l'honneur les récompenses à l'école...

C. L. avec agence

— 

Déjà 11.200 suppressions de postes dans l'Education, essentiellement des enseignants, sont inscrites au budget 2008. "Pour la rentrée 2009, nous prévoyons encore une perte de 30.000 élèves dans le second degré. Nous en tirerons naturellement les conséquences", explique le ministred e l'Education Xavier Darcos.
Déjà 11.200 suppressions de postes dans l'Education, essentiellement des enseignants, sont inscrites au budget 2008. "Pour la rentrée 2009, nous prévoyons encore une perte de 30.000 élèves dans le second degré. Nous en tirerons naturellement les conséquences", explique le ministred e l'Education Xavier Darcos. — Olivier Laban-Mattei AFP/Archives

A l’américaine. De même que les diplômés outre-atlantique ont droit à leur cérémonie en grande pompe de remise de diplômes, les étudiants vont pouvoir goûter aux honneurs des récompenses. Le ministre de l'Education nationale Xavier Darcos a en effet souhaité dimanche remettre à l'honneur les récompenses scolaires et notamment instituer une «médaille» pour les bacheliers.

Dans une entretien au «Parisien Dimanche», Xavier Darcos estime «important que l'obtention du bac puisse être valorisée. Nous envisageons même que les bacheliers puissent recevoir une médaille! Elle serait de couleur différente, peut-être sur le mode des médailles sportives, or, argent, bronze... selon la mention obtenue», a-t-il expliqué.

«Une marque de gratitude de l’école»

Plus généralement, Xavier Darcos s'est dit favorable aux remises de prix. «Je crois très important que les adultes, si exigeants avec les élèves, leur retournent ensuite une reconnaissance. La remise de prix ou de diplôme n'est donc pas seulement une récompense mais une marque de gratitude de l'école envers les élèves qui illustrent les valeurs de l'école», a-t-il justifié.

L’idée ne sort cependant pas de nulle part. Cela fait 40 ans qu’Alain Peyrefitte, ministre du général de Gaulle, a aboli les classements à l’école. Mais aujourd’hui l’idée apparaît comme «une recette oubliée qui marchait “si bien” avant», conclut «Le Parisien».

Une mesure «bling-bling»

«Je ne suis pas un nostalgique, je suis résolument moderne», s'est défendu le ministre, dimanche sur RTL, parlant d'une «attitude pédagogique qui n'a rien de réactionnaire». Lycéens, parents d'élèves, et enseignants, interrogés par l'AFP, n'étaient pas de cet avis.

«Ce n'est pas du tout une demande des lycéens, a affirmé Florian Lecoultre, président de l'UNL, premier syndicat lycéen. C'est du bling-bling, c'est insignifiant. On peut multiplier les annonces inutiles comme celle-là, reste que pendant ce temps on ne s'attaque pas aux vrais problèmes».

«Médaille en chocolat»

Daniel Robin (Snes-FSU, principal syndicat d'enseignants des collèges et lycées) soupire: «c'est pathétique et dérisoire qu'un ministre de l'Education consacre son temps à faire des annonces de cette nature alors qu'il y a bien d'autres problèmes à régler. Tout ça c'est un coup de bling-bling».

«Et pourquoi pas une médaille en chocolat pour les bacheliers obtenant leur bac au rattrapage», a ironisé Thierry Cadart (Sgen-CFDT, 2e dans le second degré), parlant de mesure «complètement déphasée renvoyant à une vision de la société particulièrement rétrograde».

 

Et vous qu’en pensez-vous? Etes-vous favorable à la réintroduction des récompenses à l’école? Dites-le nous ci-dessous.