«La laïcité n'a pas besoin d'adjectif pour exister»: levée de boucliers après les déclarations de Sarkozy

RELIGION Le Président est accusé d'afficher ses croyances personnelles, sa garde rapprochée répond...

Avec agence

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En un geste symbole, M. Sarkozy s'était rendu en personne à l'aéroport d'Orly pour accueillir le pape, accompagné de sa femme, Carla. Les cloches de Paris ont sonné pour saluer l'arrivée du souverain pontife.
En un geste symbole, M. Sarkozy s'était rendu en personne à l'aéroport d'Orly pour accueillir le pape, accompagné de sa femme, Carla. Les cloches de Paris ont sonné pour saluer l'arrivée du souverain pontife. — Alberto Pizzoli AFP

Les responsables de la gauche et François Bayrou ont critiqué ce week-end le concept de «laïcité positive» développé par Nicolas Sarkozy à l'occasion de la visite en France du pape Benoît XVI.

Vendredi, en recevant le Souverain pontife à l'Elysée, appelé à plusieurs reprises «très Saint Père», le chef de l'Etat a en effet de nouveau défendu une «laïcité positive» et «ouverte» et mentionné «les racines chrétiennes de la France», neuf mois après avoir provoqué la polémique avec son discours prononcé en la basilique romaine de Saint-Jean-de-Latran.

Des propos que le patron du PS, François Hollande, a déplorés: «Il n'y a pas de laïcité positive ou négative, ouverte ou fermée, tolérante ou intolérante. Il y a la laïcité. C'est un principe républicain», a-t-il déclaré samedi en marge de la Fête de l'Humanité. Le premier secrétaire du PS demandé au président de ne pas «s'écarter de son rôle» et de «ne pas confondre ses croyances personnelles, respectables, avec sa responsabilité qui est de permettre l'égalité de tous, la liberté de chacun» et d'empêcher la «confusion entre l'espace du religieux et l'espace de la République».

L’opposition d’une seule voix

«En tant que personne, il a le droit d'avoir ses convictions, ses pratiques, ses formules, mais en tant que président de la République, il doit être le garant de quelque chose qui est fondamental aussi pour la cohésion de ce pays et la capacité de vivre tous ensemble dans de bonnes conditions», a renchéri, à ses côtés, Cécile Duflot (Verts).

«Je suis contre le mélange des genres entre l'Etat et la religion», a déclaré pour sa part à l'AFP François Bayrou (MoDem). «Nicolas Sarkozy met toujours un adjectif à côté de la laïcité et ça m'inquiète. Je préférerais qu'on en reste au concept lui-même», a également réclamé Marie-George Buffet (PCF).

Même son de cloche du côté des francs-maçons du Grand-Orient de France pour qui la laïcité n'a «pas besoin d'adjectif pour exister».

Répliques

Le député Frédéric Lefebvre, un des trois porte-parole de l'UMP, a répliqué en accusant François Hollande et le PS de faire preuve «d'intolérance», de «dénigrement» et «d'insulter tous les chrétiens de France».

François Fillon, qui participait samedi à la messe du Souverain pontife à Paris avec plusieurs ministres et qui assistera lundi à Tarbes à la cérémonie de départ de Benoît XVI, a lui aussi pris la défense du Président. Nicolas Sarkozy est «dans son rôle en souhaitant que l'ensemble des courants de pensée, religieux, philosophiques, cohabitent dans notre pays», a déclaré le Premier ministre, pour qui cela est «parfaitement compatible» avec le respect de la laïcité.