Inondations dans le Nord: les raisons d'une catastrophe

INTEMPERIES Météo France et la Direction départementale de l'équipement du Nord expliquent comment un village peut se retrouver sous l'eau en moins de trois heures...

Julien Ménielle

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 Des habitants de Villers-Plouich utilisent un tracteur pour traverser une des rues inondées du village, le 11 septembre 2008, dans l'agglomération cambraisienne.
 Des habitants de Villers-Plouich utilisent un tracteur pour traverser une des rues inondées du village, le 11 septembre 2008, dans l'agglomération cambraisienne. — AFP / FRANCOIS LO PRESTI
Les graves inondations qui ont frappé le Cambrésis soulèvent plusieurs interrogations. Alors que la pluie n’a commencé à tomber qu’aux alentours de 15h30, des témoins rapportent que dès 18h30 les rues étaient déjà largement envahies par des trombes d’eau. A Villers-Plouich, le maire Christian Marchut rapporte à la «Voix du Nord» que «dans la salle des fêtes, il y a eu jusqu'à 1,5 mètre d'eau». Un autre témoin affirme que «l'eau est montée jusqu'à deux mètres» sur le terrain de football. Comment un village peut-il se retrouver noyé en quelques heures, et surtout la catastrophe aurait-elle pû être évitée?

Pas de vigilance orange pour Météo France

20minutes.fr a contacté Patrick David, directeur inter régional Nord de Météo France. «Nous avons fait ce que nous faisons d’habitude dans ces cas-là», affirme-t-il. Ses services ont placé jeudi la zone en vigilance jaune. Il explique que «l’intensité globale des précipitations sur la zone n’était pas suffisante pour passer en vigilance orange» tout en reconnaissant que «les hauteurs de pluie étaient très importantes localement.»

Si l’intensité des précipitations locales avaient été les mêmes sur l’ensemble de la zone, la vigilance orange aurait été déclenchée. Mais les pluies torrentielles n’ont touché que quelques communes. Patrick David tient cependant à préciser que Météo France a «pris contact avec les autorités de sécurité concernées» et a mis en place un dispositif semblable à celui d’une vigilance orange. «Nous avons eu une vingtaine d’échanges avec les autorités», assure-t-il.

La protection de la Direction départementale de l'équipement en fonction des statistiques

Villers-Plouich est situé dans une zone rurale particulièrement vallonée. Une sorte de cuvette exposée aux risques d’inondation. Contacté par 20minutes.fr, Patrick Delebecque, chef du service Sécurité risques et environnement de la Direction départementale du Nord, explique que «l’impact des orages dépend de la topographie du terrain.» Dans le cas présent, «ce type d’orage, très court et intense atteint des débits très importants.» De quoi remplir la cuvette en très peu de temps.

«Des bassins de stockage ou des digues sont construits pour éviter les inondations», poursuit-il, «on peut aussi surdimensionner les réseaux d’assainissements.» Mais la mise en place de ces dispositifs dépend des statistiques. «Nous nous basons sur les données historiques pour chaque zone pour déterminer les risques», précise Patrick Delebecque, «en leur absence, nous réalisons des simulations.» Un autre facteur entre en compte avant d’envisager des travaux: «Nous devons tenir compte du facteur économique en fonction des risques définis.»

Des précipitations exceptionnelles et un terrain particulièrement propices aux inondations. Statistiquement, toutes les conditions étaient donc réunies pour une catastrophe.