Après Edvige, Sarkozy recadre son gouvernement

POLITIQUE Le chef de l'Etat a demandé du «sang froid» et de la «cohérence»...

Avec agence

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AFPTV

Nicolas Sarkozy a beau avoir accepté d'ouvrir une concertation sur le fichier de police Edvige, il n'en a pas moins recadré les membres du gouvernement ce mercredi. Après les critiques formulées par plusieurs ministres contre ce fichier, il leur a demandé du «sang froid» et de la «cohérence» lors du Conseil des ministres.

«C'était un commentaire global qu'il a fait à l'ensemble du gouvernement en rappelant que le gouvernement était une équipe qui devait être solidaire», a rapporté le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel.

Hervé Morin et Rama Yade visés

Le ministre de la Défense, Hervé Morin, s'était publiquement interrogé dimanche sur l'opportunité de certaines des informations susceptibles d'être contenues dans le fichier Edvige, s'attirant un «rappel à l'ordre» sec du Premier ministre, François Fillon.

Mardi, c'était au tour de la secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme, Rama Yade, d'estimer que le Conseil d'Etat devait apporter des «précisions» et des «clarifications» sur le fichier Edvige, notamment sur la question des orientations sexuelles.

Alliot-Marie ne sent pas «désavouée»

Le président a souhaité, selon Luc Chatel, que la concertation sur Edvige permette de «lever les interrogations ou les inquiétudes qui peuvent exister aujourd'hui» et ensuite de «donner le maximum de garanties en matière de protection des libertés». Nicolas Sarkozy a toutefois «insisté sur l'importance de ces fichiers et de la nécessité d'en avoir» pour lutter contre la délinquance, a également rapporté le porte-parole du gouvernement. «Il a aussi insisté sur l'importance d'inclure les mineurs dans ce fichier», principal point dénoncé par les associations.

Interrogée par la presse à sa sortie du Conseil des ministres, Michèle Alliot-Marie a indiqué qu'elle ne se sentait pas «désavouée» par cette concertation imposée par le chef de l'Etat. «Pas du tout», a-t-elle répondu, «la seule chose qui s'est passée, c'est que j'ai sous-estimé le fantasme qui pouvait tourner autour de ce fichier des Renseignements généraux, simplement parce qu'il m'a semblé que les choses étaient logiques et qu'il n'y avait pas de crainte».