L'audition de Bernard Tapie en live comme à l'Assemblée

LIVE Les députés veulent en savoir plus alors que l'ex-homme d'affaires doit toucher 285 millions d’euros...

V.G.

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M. Peyrelevade a rappelé que M. Tapie avait bénéficié d'une importante plus-value puisqu'il avait acheté la firme allemande 1,6 milliard de francs en 1990 et l'avait revendu 2,085 milliards trois ans plus tard.
M. Peyrelevade a rappelé que M. Tapie avait bénéficié d'une importante plus-value puisqu'il avait acheté la firme allemande 1,6 milliard de francs en 1990 et l'avait revendu 2,085 milliards trois ans plus tard. — Jacques Demarthon AFP/Archives
285 millions d'euros qui font polémique. Bernard Tapie et Jean Peyrelevade, ancien PDG du Crédit Lyonnais, sont entendus ce mercredi à l’Assemblée nationale par les députés désireux de faire la lumière sur l'arbitrage controversé rendu en faveur de l'ex-homme d'affaires dans le dossier Adidas, à l'origine d'une vive polémique.

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17h26:
Le député David Habib, de l'opposition, parle de dégoût : «Ce qui choque, ce sont les 45 millions d'euros accordés au titre de préjudice moral, alors que de nombreux Français ont du mal aujourd'hui à joindre les deux bouts, que des collectivités locales ont du mal à trouver des financements. Quelque part, Monsieur Tapie, j'ai un sentiment de dégoût.»

17h25 : Le député Vigier du Nouveau Centre s'interroge sur les motivations de Tapie, un ancien ministre, et donc serviteur de la République, sur le point précis des 45 millions d'euros accordés au titre de préjudice moral. Voulait-il une revanche? «Il aurait été élégant de s'arrêter à un préjudice économique, et ne pas négocier un préjudice moral.»

17h21:
Frédéric Lefebvre (UMP, proche de Sarkozy) met en doute le rôle de «chevalier blanc» de Jean Peyrelevade, et s'interroge sur «l'acharnement» de ce dernier.

17h19: François Goulard se demande pourquoi le Consortium de Réalisation n'a pas fixé de limites à l'indemnisation avant les utimes étapes de la procédure.

17h09: de Courson : «Monsieur Tapie bénéficie d'une faute commise par le CDR.» Peut-être un point de concorde entre Tapie et le député Nouveau Centre.

17h06: Charles de Courson connait le dossier sur le bout des doigts, il titille Bernard Tapie. «Vous avez 65 ans, mais l'Etat n' pas d'âge», lance-t-il face à l'apitoiement de Tapie.

17h04:
Tapie : «Peut-être que les gens du CDR ont fait une mauvaise analyse, je ne sais pas...» Il ajoute : «Ce qui est choquant : c'est qu'il a fallu que je gagne pour qu'on remette en cause le principe d'un arbitrage.»
Vindicatif : «A aucun moment, on ne peut voir la main du pouvoir actuel dans la décision d'un arbitrage.»

17h01 : Bernard Tapie fait mine de se rappeler d'un élément et évoque un «ami de Montebourg», Thomas Clay, doyen de la fac de Versailles. Il est rappelé à l'ordre : «On ne parle pas de vie privée ici», lance le chef de séance. Tapie feint une tête de chien battu, les députés rigolent.

17h00 : Bernard Tapie philosophe : «Comme dans toutes les procédures on peut gagner, on peut perdre. Au départ, ce n'était pas bien parti pour moi...»

16h57: Bernard Tapie récuse une intervention de la présidence Sarkozy :«C'était sous la présidence Chirac, sous de Villepin et Breton, que tous les montants ont été établis.»

16h55:
Bernard Tapie donne une leçon aux députés. Point par point, il démonte le recours de Thierry Breton devant la Cour de Cassation sur l'arbitrage de la Cour d'appel.

16h53 Bernard Tapie : «L'instruction avait été tâchée d'irrégularités. Si un mandataire ne respecte pas son engagement, son mandat est nul.»

16h51: Bernard Tapie : «Si un jour on oublie le montant des honoraires des avocats dans l'histoire du CDR, ça dépasse l'entendement.»

16h48: Bernard Tapie explique ses motivations au début de la procédure : «Je n'étais pas dans une perspective de gains, je ne voulais pas racheter l'OM, ni le Phocéa.»

16h42: Bernard Tapie sur ses recours fructueux : «A un moment, j'ai décidé de dire halte au temps. Vous savez, quand on a 65 ans, on sait que le meilleur est passé». Merci Bernard.

16h35:
Question de François Hollande qui évoque le «seul sujet qui doit être celui de notre mission»: «Pourquoi y a t-il eu saisine d'un arbitrage?». «Les uns et les autres, montrez-vous moins nerveux quand quelqu'un s'exprime», gronde Didier Migaud, président PS de la commission qui n'aime visiblement pas que la droite piaille derrière son patron.

16h21:
Mise au point de François Bayrou, qui tient à sa place de premier opposant à Bernard Tapie: «Nous ne sommes pas un tribunal, nous ne sommes pas des experts, vous connaissez beaucoup mieux le dossier que nous. Nous ne défendons pas une thèse. Nous sommes juste là en tant que commission des Finances de l'Assemblée nationale parce qu'on vous a attribué 285 millions d'euros au frais du contribuable». Confirmation: pas plus que nous, les députés ne comprennent tout ce qui se dit dans cette audition.

16h10:
En pleine argumentation, François Bayrou divague en évoquant «les talents dramatiques de Bernard Tapie qu'on connaît depuis longtemps». On le reprend. «J'ai bien le droit de faire des commentaires», rétorque le patron du Modem. Cette audition parlementaire ne ressemble décidément à aucune autre.

15h55: Les discussions sont très techniques entre Bernard Tapie et Charles de Courson, député Nouveau centre qui connaît l'affaire sur le bout des doigts. Seules quelques saillies de Bernard Tapie raviront les profanes: «Le crime était parfait», estime t-il au sujet de la revente d'Adidas par le Crédit Lyonnais. Les petites phrases sont pour Tapie, dur pour les députés de lutter contre un lion médiatique.

15h47:
Le réquisitoire de Charles de Courson est perturbé par un coup de fil sur son portable. On sent que Tapie s'agace.

15h44: Charles de Courson, député Nouveau Centre, très anti-Tapie, produit un vieil article du «Nouvel Obs» qui montre que Pierre-Louis Dreyfus s'intéressait à Adidas en 1993. Tapie conteste et estime que le député est «à poil» pour produire un tel article. Le climat est vraiment tendu.

15h37: Tapie estime que s'il n'avait pas été ministre, en 1992, «[il] serait toujours le patron d'Adidas, qui vaut 40 milliards de francs et même, s'[il] serait déçu de ne pas être ministre, il [serait] plus heureux dans la vie». Manière de dire que la vente d'Adidas l'a ruiné.

15h32: Bernard Tapie se montre comme à son habitude: plein de gouaille, sans gêne, n'hésitant pas à couper les questions des parlementaires.

15h25: On commence enfin ce live. Ici, à l'Assemblée, c'est la cohue médiatique. Très très difficile de trouver une place. On va essayer de reprendre le fil dans cette audition sous haute tension qui a commencé par une passe d'armes entre François Bayrou, proche de Jean Peyrelevade, ancien patron du Lyonnais, et Bernard Tapie. Ça promet.