UMP: un débat autour du téléchargement sans contradicteurs

POLITIQUE A Royan, les Jeunes UMP ont volé à la rescousse de la loi Albanel sur le téléchargement...

Vincent Glad

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L'UMP a entonné sans réserve l'air de l'unité et du débat d'idées, lors de son université d'été samedi à Royan (Charente-Maritime), un impératif dans les difficultés économiques actuelles, mais aussi un bon moyen de se distinguer d'un PS en crise.
L'UMP a entonné sans réserve l'air de l'unité et du débat d'idées, lors de son université d'été samedi à Royan (Charente-Maritime), un impératif dans les difficultés économiques actuelles, mais aussi un bon moyen de se distinguer d'un PS en crise. — Pierre Andrieu AFP
De notre envoyé spécial à Royan,

Les Jeunes UMP à la rescousse de la loi Albanel sur le téléchargement. Pour montrer que la jeunesse soutient le projet contesté de «riposte graduée», un grand débat était organisé devant une assemblée de jeunes aux universités d’été de Royan samedi après-midi. Sans contradicteurs.

Les deux «surprises» promises par l’UMP furent l’apparition sur les écrans de Luc Besson («en direct enregistré hier») et de Dominique Farrugia (en live grâce sa webcam). Deux producteurs qui n’ont guère intérêt à défendre la liberté de télécharger, Farrugia remarquant même que la loi Albanel «ne va pas assez loin» dans la répression des internautes.

Le DJ de la soirée UMP

Les intervenants présents à Royan n’étaient pas beaucoup plus critiques sur la loi Albanel, qui suscite pourtant un vif débat sur le Net et au sein même de la majorité parlementaire. Pour défendre la parole des maisons de disques, Pascal Nègre, le patron d’Universal. Pour défendre la parole des artistes, Mickaël Canitrot, le DJ de la soirée des Jeunes UMP ce samedi à Royan.

Avec un tel casting, le gouvernement ne prenait pas trop de risques. Pascal Nègre a enterré le projet de «licence globale», avancé par de nombreux opposants à la loi Albanel: «La licence globale n’a plus de sens puisqu’il existe maintenant des offres illimitées par abonnement comme le fait Universal avec Neuf

Taxer les fournisseurs d'accès


L’idée principale qui est ressortie des discussions est la nécessité de taxer les fournisseurs d’accès à Internet, jugés responsables des excès du téléchargement, pour financer la musique et le cinéma. «Dès qu’Orange produira ses premiers films, téléchargez-les à fond!», plaisante Luc Besson qui ne cache pas son mépris pour l’opérateur téléphonique.

Mais les jeunes, censés «mettre sur le grill» leurs ministres, n’ont pas osé poser les questions qui fâchent, laissant le débat dans un curieux unanimisme. Les seules interrogations divergentes furent diffusées sur l'écran géant où des jeunes, au visage flouté, dénommés «les pirates», questionnaient par vidéo interposée Luc Besson.

«Défendre la valeur travail»


Aurore Bergé, porte-parole des Jeunes Populaires, nous explique qu'il ne pouvait en être autrement: «Il y aurait eu ce débat au PS, qui n’a pas encore tranché la question, j’aurais compris qu’il y ait des intervenants aux positions différentes. Là, on devait soutenir le projet du gouvernement».

D’autant que, comme le dit Frédéric Lefebvre, «le téléchargement est un sujet très politique car défendre les artistes, c’est défendre la valeur travail». Et à l’UMP version Sarkozy, le travail, c’est sacré.