L'UMP embourbée dans l'après-Sarkozy

David Carzon - ©2008 20 minutes

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Une chute des adhésions, un chef qui n'en est pas un et l'ombre tutélaire et pesante de l'ancien patron devenu président. Pas de doute, à la veille du Campus organisé d'aujourd'hui à dimanche à Royan (Charente-Maritime) par les Jeunes populaires, l'UMP traverse une crise importante, seize mois après la victoire à l'élection présidentielle. Tenue d'une main de fer, cette machine de guerre, qui servait de laboratoire d'idées au candidat Sarkozy, n'est plus que l'ombre d'elle-même.

« On a un vrai problème de débats à l'UMP, assène le trublion de service, Hervé Mariton, député de la Drôme. Par exemple, sur un sujet d'actualité comme le RSA, on avait le choix entre dire oui et on était intelligents, ou dire non et on était ringards. C'est un peu court, on peut avoir des choses à dire sur les modalités de financement, par exemple. » D'autres voix s'élèvent pour demander plus d'indépendance, pour couper le cordon avec l'Elysée notamment. « On peut soutenir Nicolas Sarkozy, mais la vitalité des débats demande plus de liberté », explique un responsable en interne. Et Hervé Mariton d'ajouter : « Un porte-parole doit exprimer ce qui se dit dans le parti, pas ce qui se passe dans l'exécutif. »

Reste la question du chef, tant la légitimité de Patrick Devedjian est contestée, jusqu'à l'Elysée. « Devedjian fait ce qu'il peut, il a la capacité de prendre en main le parti, mais il n'en a pas le mandat », le défend un député de la majorité. D'autres ont la dent plus dure et reprochent à l'actuel secrétaire général un manque d'ambition, les mauvais résultats aux municipales n'ayant pas arrangé son cas. Depuis, il a été flanqué de plusieurs « adjoints », dont deux venus du gouvernement, Xavier Bertrand et Nathalie Kosciusko-Morizet, pour relancer le débat dans le parti (lire ci-dessous) et enrayer la chute des adhésions, passées de 370 000 en décembre 2007 à quelque 210 000 aujourd'hui.

Plus que d'afficher une meilleure unité que le PS à La Rochelle - ce qui ne sera pas très difficile -, le Campus de ce week-end à Royan est avant tout l'occasion de remettre le parti en ordre de marche.