Le gouvernement lance un nouveau prêt étudiant

CONSOMMATION Délivré sans caution personnelle, son plafond pourrait être de 15.000 euros...

Sandrine Cochard

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Le coût de la vie étudiante en général et celui de la rentrée en particulier est en forte hausse cette année, selon les deux principales organisations étudiantes qui demandent notamment au gouvernement des dispositifs d'aide spécifiques pour la rentrée.
Le coût de la vie étudiante en général et celui de la rentrée en particulier est en forte hausse cette année, selon les deux principales organisations étudiantes qui demandent notamment au gouvernement des dispositifs d'aide spécifiques pour la rentrée. — Marc Wattrelot AFP/Archives

Un nouveau prêt étudiant serait dans les cartons du ministère de l'Enseignement supérieur. Selon «La Tribune», Valérie Pécresse devrait annoncer «la semaine prochaine» la création d'un prêt pour les étudiants sans caution personnelle, c’est-à-dire, ne pouvant compter sur les fonds de leurs parents.

15.000 euros

La ministre à l’Enseignement supérieur «devrait signer en début de semaine prochaine une convention avec Oseo, structure de financement et de garantie des PME, prévoyant que cet organisme gérera, pour le compte de l'Etat, la garantie de ces nouveaux prêts étudiants», affirme «La Tribune». «Cet accord sera dévoilé en présence des deux premiers établissements financiers qui participent à l'opération. Selon nos informations, il s'agirait des Banques populaires et de Cetelem (groupe BNP Paribas)», ajoute le journal.

Ce prêt, dont le montant total «pourrait avoisiner 15.000 euros» selon le quotidien, s’adressera à «tout étudiant s'inscrivant dans un cycle d'enseignement supérieur». En cas de défaillance de l'étudiant, 70% de la garantie sera prise en charge par Oséo et 30% par les banques elles-mêmes. Son taux d'intérêt sera celui «du marché», selon le ministère.

Prêt ou aides?

Une annonce mal accueillie par l’Unef, premier syndicat étudiant en France. «Nous avons récemment publié une étude sur l’augmentation du coût de la vie étudiante pour cette rentrée, nous sommes donc parfaitement conscience des difficultés financières des étudiants, rappelle Vanessa Favaro à 20minutes.fr Mais nous ne croyons pas que la solution passe par la création d’un nouveau prêt. La solution serait plutôt d’augmenter les aides sociales et de les distribuer à temps. Par exemple, un étudiant boursier ne perçoit son premier versement qu’en octobre alors que la rentrée a souvent lieu dès septembre.»

Un problème que le ministère de l’Enseignement supérieur a anticipé avec ce nouveau prêt, qui devrait être distribué «aux environs de la mi-septembre», selon «La Tribune». Autre avantage: l’étudiant emprunteur pourrait bénéficier d'un remboursement différé. Mais cela ne règle pas le problème des conditions de vie étudiante, selon l’Unef. «Un prêt doit toujours être remboursé. Or, même repoussé à la fin des études, ce remboursement peut poser problème car les étudiants ont de grandes difficultés à trouver un premier “vrai” poste, car les entreprises nous proposent surtout des stages.» Peu ou pas rémunérés, donc.

DEBAT - Qu’en pensez-vous? Ce prêt est-il un bon moyen de booster le pouvoir d’achat des étudiants? Est-ce, au contraire, une erreur de pousser les jeunes à s’endetter?