Histoire: L’enseignement de la bataille de Verdun non obligatoire au lycée provoque un tollé politique

PREMIERE GUERRE MONDIALE Le ministre de l’Education nationale a précisé qu’elle serait « évidemment enseignée"   quand même

J.D.

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La commémoration du centenaire de la bataille de Verdun.
La commémoration du centenaire de la bataille de Verdun. — Jean Christophe Verhaege/AP/SIPA

En France, c’est la bataille mythique de la Première guerre mondiale. Verdun, ses poilus, ses obus et ses pertes énormes pour les deux camps (plus de 700.000 victimes au total). Mais la donne pourrait changer. Les nouveaux programmes scolaires officiels au lycée, pour la rentrée 2019, veulent plus mettre l’accent sur la bataille de la Somme, jugée « plus internationale ».

Une décision qui a provoqué un tollé, commencé dans la Meuse, région de la célèbre bataille. L’Est républicain envoie la première volée d’artillerie ce samedi, dans un édito à charge évoquant un « véritable choc pour tous les Meusiens ». C’est ensuite le maire de Verdun, Samuel Hazard, qui a dénoncé lors du conseil départemental « une deuxième mort pour ces soldats sur ce territoire sacré et martyr. »

L’indignation devient nationale

Désormais, les tirs viennent de partout. Le président de la région Grand Est, Jean Rottner a qualifié cette décision de « faute contre l’esprit !…. Car Verdun n’est pas un simple événement historique, c’est un "lieu de mémoire" qui symbolise tout à la fois les déchirements franco-allemands et la réconciliation de nos deux nations. J’appelle les historiens français et allemands, les élus et les citoyens du Grand Est à se mobiliser contre cette décision inique. »

La présidente LR de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, lui emboîte le pas, estimant que ce choix « offense la mémoire des poilus et des taxis de la Marne ». Dans un tweet, Marine Le Pen s’insurge elle que « le gouvernement dépossède les Français de leur histoire glorieuse et foule aux pieds le sacrifice ultime de nos soldats. »

La bataille de Verdun va-t-elle vraiment disparaître des lycées ? Rien ne l’indique. Elle n’est plus « obligatoire » à enseigner, ne figurant plus dans le programme officiel, mais cela n’empêchera pas les professeurs d’histoire de l’évoquer s’ils le souhaitent, sur le principe de la « liberté pédagogique ». D’ailleurs, le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer a réagi sur Twitter ce matin, indiquant que la célèbre bataille sera « évidemment enseignée en Première », la jugeant « indissociable de la bataille de la Somme ».