Etre étudiant revient de plus en plus cher

RENTREE Le coût de la vie étudiante serait en hausse de 5,9% selon l'Unef...

Sa. C. avec agence

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Les années 60 voient les générations nombreuses issues du baby-boom accéder de plus en plus massivement à l'université, un phénomène, parmi les sources de l'explosion de Mai 68, qui s'amplifiera jusqu'au milieu des années 1970.
Les années 60 voient les générations nombreuses issues du baby-boom accéder de plus en plus massivement à l'université, un phénomène, parmi les sources de l'explosion de Mai 68, qui s'amplifiera jusqu'au milieu des années 1970. — Fred Dufour AFP/Archives

Une fois de plus, l’Unef tire la sonnette d’alarme sur la condition de vie étudiante. Selon le syndicat, son coût augmente de 5,9% cette année par rapport à l'an dernier, aides déduites et étudiants logeant chez leurs parents compris.
 
Budgets type
 
«Il y a un décalage croissant» entre «la réalité de la vie des étudiants» et «la perception» qu'en a la ministre de l'Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, a déclaré mercredi le président de la première organisation étudiante, Jean-Baptiste Prévost. Et d’ajouter: «Mme Pécresse n'a pas conscience de la réalité des conditions de vie des étudiants et de sa responsabilité dans cette dégradation.»
 
A partir de chiffres officiels, l'Unef a bâti les budgets type de quatre sortes d'étudiants: pour un boursier échelon 5 en licence en province, la hausse du coût de la vie est cette année de 6%; pour un non boursier en master à Paris, de 7%; pour un non boursier habitant chez ses parents, de 4%; et pour un boursier échelon 5 en cité universitaire Crous, de 7%. L'échelon 5, sur une échelle allant de 0 à 6, correspond au deuxième montant le plus élevé des bourses.
 
La Fage, deuxième organisation étudiante, a calculé le seul coût de la rentrée (coût mensuel de la vie auquel s'ajoutent les frais d'inscription et les frais d'installation), en hausse de 3,5% par rapport à 2007. Pour un étudiant non boursier en licence, ce coût selon la Fage est de 2.935,17 euros à Paris et 2.425,33 euros en province.

La faute aux loyers
 
Cette hausse s'explique, selon l'Unef, par celles des loyers (+8% à Paris, +4% en province), de l'alimentation (+6,9%) et des droits d'inscription en master (+5%), alors que dans le même temps les dispositifs d'aide comme les bourses (+2,5%) ou l'aide au logement ont connu des augmentations inférieures à l'inflation (3,6%). Seule la hausse des inscriptions en licence (+2,5%) a été inférieure à l'inflation.
 
L'Unef met en particulier l'accent sur le logement. «L'aide au logement, de 159 euros en moyenne, n'a quasiment pas augmenté depuis 1994 alors que les loyers ont doublé», a affirmé Michaël Zemmour, responsable de l'aide sociale.
 
La rentrée, un moment critique
 
La situation est «particulièrement sensible» à la rentrée, car les étudiants doivent débourser beaucoup alors qu'ils n'ont «aucune aide d'Etat», a résumé Jean-Baptiste Prévost: les premières bourses ne sont versées qu'en octobre et, en cas d'installation, l'aide au logement arrive avec un mois de délai. Or, l'Unef souligne que la rentrée des étudiants intervient de plus en plus tôt: selon ses calculs, les trois quarts l'auront faite mi-septembre.
 
Là encore, «le ministère, resté dans un schéma ancien de rentrée en octobre», n'est pas en phase avec «la réalité de la vie», a estimé Michaël Zemmour. L'Unef demande donc à Valérie Pécresse de «répondre» à ces difficultés en instaurant un «10ème mois de bourse», les bourses étant actuellement versées d'octobre à juin, et en supprimant «le mois de carence dans l'aide au logement».
 
DEBAT – Etudiants, comment vous organisez-vous pour cette rentrée?