Petites révolutions pour la rentrée

Laure de Charette - ©2008 20 minutes

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Une semaine avant que la cloche sonne dans les 67 000 écoles, collèges et lycées de France, 20 Minutes fait le point sur cette rentrée. Les suppressions de postes et les nombreuses réformes qui ont jeté dans la rue des milliers de membres de la communauté éducative au printemps dernier deviennent réalité pour 12,1 millions d'élèves de la maternelle à la terminale. Explications.

EN PRIMAIRE

Le samedi devientun jour sans classe

La semaine de quatre jours, qui concernait déjà un quart des élèves, est étendue à tous. Finis les week-ends amputés pour le parent séparé en cas de garde partagée, terminés les départs retardés à la campagne et les réveils douloureux du samedi. La semaine de cours passe de 26 heures à 24 heures, sauf pour les 15 % d'élèves les plus en difficulté qui bénéficieront de deux heures d'aide personnalisée chaque semaine dès octobre.

L'école continueaprès l'école

Les élèves de 4 000 écoles primaire classées ZEP (et tous les collégiens) vont pouvoir profiter de l'accompagnement éducatif proposé l'an dernier aux seuls collégiens de ZEP. Au choix pour ces « orphelins de 16 h » volontaires : de l'aide aux devoirs ou une activité sportive, artistique ou culturelle.

Moins de redoublements

L'objectif est clair : diminuer le taux de redoublement. Actuellement, 18 % des élèves ont redoublé au moins une fois au primaire : 7 % des enfants de cadres et 41 % des fils de chômeurs. Les élèves de CM1 et de CM2 présumés incapables de suivre en 6e se verront proposer un stage de remise à niveau pendant les vacances de Pâques ou d'été.

Davantage de maths,et de l'instruction morale

Les anciens programmes n'avaient que six ans et, à l'époque de leur parution, Xavier Darcos s'était réjoui de leur caractère « exigeant » et « ambitieux ». Néanmoins il a tenu à les refondre, suscitant un tollé dans le milieu éducatif. Ils tiennent désormais sur 36 pages, contre 104 avant, et se recentrent sur les fondamentaux : davantage de français et de maths, de l'instruction civique mais aussi morale.

La garderieen cas de grève

Plus besoin de poser une RTT si l'instit de votre enfant est en grève, l'école reste ouverte. Annoncée par Nicolas Sarkozy en mai dernier, la loi créant un droit d'accueil à l'école primaire - publique et privée - vient d'être publiée au Journal officiel. Le dispositif, expérimenté à deux reprises au printemps, oblige les maires à dépêcher des agents municipaux pour garder les enfants si plus d'un enseignant sur quatre est gréviste au sein d'une école.

AU COLLÈGE

ET AU LYCÉE

La toute finde la carte scolaire

Déjà assouplie l'an dernier, la carte scolaire vit ses dernières heures : une famille peut désormais inscrire son enfant dans l'établissement de son choix, sans sectorisation, dans la limite des places disponibles. En théorie, cela est censé accroître la mixité sociale. Dans les faits, ce serait plutôt le contraire : selon un rapport confidentiel du ministère de l'Education nationale, les établissements les plus convoités ont pour l'heure gagné peu d'élèves issus de classes modestes, et les collèges les plus évités ont perdu les catégories favorisées.

Des cours maintenus jusqu'au bout

Finis les mois de juin scotchés devant Roland-Garros, les élèves dont la cité scolaire est un centre d'examens vont avoir cours à plein temps jusqu'au 30 juin. Testée - avec succès selon le ministère - dans quinze départements en juin, l'opération « reconquête du mois de juin » devrait être étendue à toutes les académies.