Matignon affirme que l’idée d’un impôt sur le revenu universel «n’est pas à l’étude»

MARCHE ARRIERE L'entourage du Premier ministre a rejetté la proposition émise par la ministre Jacqueline Gourault ce dimanche

20 Minutes avec AFP

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Edouard Philippe et Jacqueline Gourault le 3 octobre dernier à la place Beauveau (illustration).
Edouard Philippe et Jacqueline Gourault le 3 octobre dernier à la place Beauveau (illustration). — STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

C’est ce qu’on appelle une idée tuée dans l’œuf. Seulement quelques heures après la publication de l’interview de la ministre de la Cohésion des territoires, Jacqueline Gourault dans le JDD, Matignon la recadre gentiment.

« C’est une idée qui revient souvent dans les débats et Jacqueline Gourault peut légitimement la restituer et la soutenir dans un moment où chacun est invité à faire des propositions. Mais la piste d’un impôt sur le revenu universel n’est pas à l’étude », a indiqué Matignon à l’AFP.

« Les Français payent déjà l’impôt »

Selon l’entourage du Premier ministre, « les Français payent déjà l’impôt dès le premier euro avec la CSG. Tous payent la TVA (…) Le Premier ministre a déjà dit qu’il fallait entendre le message des Français qui payent trop d’impôts. Notre engagement, c’est bien de les baisser et nous avons déjà engagé un grand nombre de décisions en ce sens ».

Le sujet de la fiscalité est l’un des quatre thèmes du grand débat lancé par l’exécutif et la demande de plus de « justice fiscale » figure au cœur des revendications de nombreux « gilets jaunes ».

« Recréer le lien entre le citoyen et l’impôt »

Jacqueline Gourault avait suggéré dans le Journal du dimanche qu’une telle mesure pourrait être une piste de sortie du grand débat national, censé répondre à la crise des « gilets jaunes ».

« Chacun pourrait contribuer à la hauteur de ses moyens, y compris les plus modestes, même de manière très symbolique, pour recréer le lien entre citoyen et impôt. Chacun pourrait payer l’impôt sur le revenu. Y compris les plus modestes, même un euro », avait indiqué la ministre, alors que l’impôt sur le revenu est aujourd’hui payé par moins d’un ménage français sur deux (43 %). Plusieurs élus de l’opposition et même de la majorité ont critiqué dimanche cette idée, évoquant une pensée économique « limitée » ou un concours d'« inventivité fiscale ».