Des tests salivaires pour lutter contre la drogue au volant

SECURITE ROUTIERE Le cannabis est particulièrement visé...

Sylvain Mouillard

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Une première campagne contre le cannabis au volant a été lancée mercredi par la Sécurité routière et la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildt) sur le thème: "cannabis et conduite = danger".
Une première campagne contre le cannabis au volant a été lancée mercredi par la Sécurité routière et la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildt) sur le thème: "cannabis et conduite = danger". — AFP
Voici la nouvelle arme des policiers et gendarmes contre la drogue au volant: les tests salivaires. Un mois après la présentation d’un nouveau plan gouvernemental de lutte contre les drogues, Michèle Alliot-Marie, la ministre de l'Intérieur, dévoile ce lundi le nouvel outil pour dépister la consommation de drogues chez les conducteurs.

Quels sont les effets de la consommation de drogue pour un conducteur?

Le cannabis est la drogue la plus souvent détectée chez les conducteurs. Une étude baptisée SAM («Stupéfiants et accidents mortels de la circulation routière»), conduite en 2005 sur plus de 10.000 conducteurs impliqués dans des accidents mortels, a révélé que près de 8% d’entre eux étaient positifs aux stupéfiants, la grande majorité au cannabis. D'après une étude réalisée entre 2001 et 2003, sur 6.000 accidents mortels par an, 230 seraient imputables au cannabis.

Les effets sont connus: les conducteurs sous l’emprise du cannabis ont deux fois plus de risques d’être impliqués dans un accident mortel. Le temps de réaction et la vigilance sont en baisse, le conducteur contrôle moins ses trajectoires, son champ visuel est modifié. Les effets de la consommation de cannabis se font ressentir un quart d’heure après la prise et persistent plusieurs heures.

Quel est l’objectif du ministère de l’Intérieur?

D'ici à la fin de l’année, 52.000 kits salivaires seront distribués aux policiers et gendarmes. Le ministère espère réduire de 7% le nombre d'accidents de la route et de tués.

Comment se dérouleront les tests?

De manière bien plus simple qu'auparavant. Jusqu'à présent, les policiers et gendarmes avaient recours à des tests urinaires. Ils permettaient de détecter la présence de drogue jusqu'à un mois après consommation. Mais la logistique — une camionnette placée sur le bord de la route — était compliquée à mettre en place. Le test salivaire devrait simplifier les choses.

Il se présente sous la forme d'un bâtonnet, à placer quelques secondes dans la bouche du conducteur. En dix minutes, le bâtonnet change de couleur en cas de contrôle positif au cannabis, à l’ecstasy, aux amphétamines, à l’héroïne ou la cocaïne. Un test sanguin est ensuite pratiqué pour confirmer la présence de drogue et sa nature. Contrairement au dépistage de l’alcool, il n’y a pas de seuil pour la drogue. Une présence, même infime, est répréhensible.

Que risque-t-on?

Un conducteur sous l’emprise de stupéfiants risque deux ans de prison, 4.500 euros d’amende et un retrait de six points sur son permis. Si de l’alcool est également détecté, la peine est portée à trois ans d’emprisonnement et 9.000 euros d’amende.

Qui est visé?

Les conducteurs impliqués dans des accidents mortels étaient déjà obligatoirement contrôlés. Désormais, les tests salivaires devraient permettre de cibler une population bien plus large. Les jeunes sont particulièrement visés. D’après une étude conduite entre 2001 et 2003, la moitié des victimes d’accidents mortels dus au cannabis ont moins de 25 ans.

Les policiers et gendarmes devraient donc cibler les sorties de discothèques, mais des contrôles inopinés seront également organisés.

A venir, plus de précisions sur la fiabilité de ces tests et sur les délais dans lesquels de la drogue peut être détectée après consommation.