Fermeture de casernes: Fillon dévoile la nouvelle carte militaire

DEFENSE La suppression de 83 unités militaires et de 54.000 postes prévue à partir de 2009...

V.G. et K.G. (avec agence)

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Entrée de la caserne du 3e régiment du génie de la ville à Charleville-Mézières.
Entrée de la caserne du 3e régiment du génie de la ville à Charleville-Mézières. — A. JULIEN / AFP

Le Premier ministre, François Fillon a dévoilé, ce jeudi, la nouvelle carte militaire lors d’une conférence de presse. Le gouvernement prévoit la suppression de 83 sites ou unités militaires dès 2009 et quelques 33 déménagements d’une ville à l’autre, dans le cadre du «plan de modernisation de la Défense».

>> En image la nouvelle carte militaire

François Fillon a indiqué qu’au terme de la réforme «l'armée de terre aura perdu 20 régiments et bataillons», «l'armée de l'air 11 bases aériennes» et la Marine «une base aéronavale». Il a ajouté qu’au total 54.000 postes seraient supprimés dans les 7 ans à venir (sur 320.000 postes actuellement, hors gendarmerie).

La future carte militaire «va s'articuler autour de ce concept extrêmement novateur de base de défense», qui consiste à regrouper des «moyens opérationnels différents» autour d'un «même dispositif logistique», a-t-il indiqué.

Le gouvernement prévoit notamment de fermer le 57è régiment d'artillerie de Bitche (Moselle, 1300 personnes), le 601è régiment de circulation routière d'Arras (Pas-de-Calais, 730 personnes), la base aérienne 101 de Toulouse, le 12è régiment d'artillerie d'Haguenau (664 personnes, Bas-Rhin). Haguenau devrait cependant récupérer, le deuxième régiment de hussards de Sourdun (Seine-et-Marne, 895 personnes) qui quittera la ville.

Par ailleurs, le 501e-503e régiment de chars de combat (RCC) de Mourmelon (1.256 militaires) va être maintenu, a annoncé jeudi le maire Fabrice Loncol.

Inquiétude dans les petites villes


Elus et habitants attendaient avec inquiétude les décisions gouvernementales, en particulier dans les petites villes où un régiment peut avoir un poids prépondérant dans l'activité locale.

>> La réaction des petits commerçants dans les villes concernées par les fermetures

Le maire de Dieuze (Moselle) avait menacé de démissionner si le 13ème régiment de dragons parachutistes quittait sa ville de 3.600 habitants. (L'interview du maire de Dieuze c'est ici) Fernand Lormant a déclaré ce jeudi: «on perd le plus beau régiment de France mais on s'en tire pas trop mal avec la création d'une école militaire qui n'a rien à voir avec le centre de formation de gendarmes qu'on nous a d'abord proposé.» Il a précisé qu'il renonçait à la démission du conseil municipal envisagée à Dieuze et dans des mairies voisines.

Egalement l'arme au pied: les élus de Mourmelon (Marne) qui voulaient le maintien de leur régiment de chars de combat. A Cambrai, le maire (DVD) a distribué avec 103 kilos de friandises locales avec le message: «ne faites pas de bêtises, ne fermez pas la base (aérienne) de Cambrai» (1.500 personnes).

>> Jausiers s'est remis difficilement de la fermeture de sa caserne dans les années 90

En dépit de cette mobilisation, le président Nicolas Sarkozy a réaffirmé le 15 juillet qu'il ne «céderait pas» sur la réforme, et «ferait le boulot que personne n'a fait avant (lui)» Pour apaiser les craintes, François Fillon a promis «320 millions d'euros de subventions d'investissement» pour soutenir les communes concernées.