Les cadres manifestent pour leurs RTT

SOCIAL Ils protestent contre la réforme du temps de travail...

Sy M. et C.I

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Réunis à l'appel du syndicat CFE-CGC, les cadres protestent contre la réforme du temps de travail.
Réunis à l'appel du syndicat CFE-CGC, les cadres protestent contre la réforme du temps de travail. — 20minutes.fr

Les cadres ne veulent pas de la réforme du temps de travail et le disent. Ils étaient près d'un millier rassemblés à Paris, à l'appel de deux syndicats (CFE-CGC et CGT), pour protester contre la réforme, quelques heures avant son adoption au Parlement. Place de l'Odéon (Paris), la CFE-CGC a mobilisé quelques centaines de personnes. Les manifestants ont lu la lettre remise mercredi au président de la République, qui commence ainsi: «Je vous fais une lettre que vous lirez peut-être si vous avez le temps...», allusion à la chanson de Boris Vian.


«Ainsi donc, je devrai travailler 235 jours au lieu de 218 auparavant (...), l'affaire ne me coûte que mes jours fériés chômés payés et mes jours de RTT, qui constituaient le maigre retour des 60 à 70 heures par semaine que j'effectue pour conserver mon job», ironise la lettre. «Je vous écris cette lettre (...) pour exprimer à travers elle tout le malaise d'une population laborieuse qui souffre, fut-elle de l'encadrement», conclut enfin le syndicat.

Mercredi midi, le président de la CFE-CGC Bernard Van Craeynest a envisagé sur RMC d'utiliser le droit à référendum d'initiative populaire pour demander l'abrogation de la nouvelle loi sur le temps de travail. Inscrit dans la réforme des institutions adoptée lundi par le Parlement, le référendum d'initiative populaire sera demandé «le cas échéant» d'ici un an, après un premier bilan des conséquences de la loi.

Une bataille «pas perdue d'avance»

Quelques heures avant le vote de la loi au Parlement, le syndicat CFDT Cadres a jugé que la bataille «n'est pas perdue d'avance» car tout «dépendra des entreprises, des DRH et de la représentation syndicale». L'affaire se jouera lors des négociations dans les entreprises qui débuteront à l'automne, selon le syndicat.

Pour la CFDT, certains facteurs peuvent protéger les cadres, notamment la «concurrence très forte sur l'emploi des cadres, le chômage des cadres n'étant qu'à 3,8%». Cela inciterait les entreprises à ne pas conclure d'accords trop défavorables pour leurs salariés.

Des «contreparties» annoncées par Chatel

Face à cette mobilisation, le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, a tenté mercredi de rassurer les cadres. Ils «auront en contrepartie un certain nombre d'avantages par rapport aux autres salariés», a-t-il expliqué, estimant que cette réforme ne va pas «en sens unique». Le secrétaire d'Etat n'a cependant pas précisé la teneur de ces avantages.