La ville de Mourmelon ne veut pas perdre son régiment de chars

DEFENSE Elle est menacée par la restructuration de la carte militaire...

avec agence

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Manifestation à Mourmelon pour le maintien du régiment de chars de combat, le 14 juillet 2008.
Manifestation à Mourmelon pour le maintien du régiment de chars de combat, le 14 juillet 2008. — AFP

Plus d'un millier de personnes, dont plusieurs élus UMP, ont manifesté lundi à Mourmelon (Marne) pour le maintien du 501e-503e régiment de chars de combat (RCC), dont ils redoutent le transfert à Olivet, près d'Orléans en 2010.

Dans le cadre du plan de restructuration des armées annoncé par Nicolas Sarkozy, le ministre de la Défense Hervé Morin doit annoncer avant la fin juillet la nouvelle carte militaire, qui affectera “20 à 30 sites majeurs” sur toute la France.

Basé à Mourmelon depuis cent cinquante ans, le 501e-503e RCC qui participe au défilé du 14 juillet sur les Champs-Elysées, est doté de 80 chars Leclerc et de 1.256 hommes. Ses locaux s'étendent sur un total de 24.000 hectares de la commune.

«C’est la mort annoncée de Mourmelon»

"Ne nous laissez pas crever", "Mourmelonnie en deuil", "Ecoles menacées" "Sauvez nos emplois", pouvait-on lire sur des banderoles portées par des habitants de tous les âges.

Selon le maire de Mourmelon (5.000 habitants) Fabrice Loncol (app.UMP), interrogé par l'AFP, le régiment de Mourmelon fait partie des sites concernés et sera transféré à à Olivet, près d'Orléans en 2010, une information qu'il tient du chef d'Etat major de l'armée de terre.

"C'est la mort annoncée de la ville de Mourmelon, on a engagé la troisième bataille de la Marne, cela va être un vrai carnage", a -t-il déclaré estimant cette perte à "30 millions d'euros par an". "On aura beau imaginer demain des compensations financières, cela n'est pas possible, on a pas de capacités à Mourmelon pour rebondir", a-t-il ajouté.

L’armée premier employeur

La manifestation a rassemblé entre 500 et 700 personnes selon la police, 1.500 selon les organisateurs. Plusieurs élus UMP dont Catherine Vautrin, ancienne ministre étaient présents. Parti de l'entrée du camp militaire, le cortège s’est arrêté devant la mairie.

L'armée est le premier employeur de la ville et la dizième entreprise de la Marne. Les administrés de Mourmelon craignent surtout la fermeture d'écoles, de la poste, de la perception et des commerces.

"La Marne qui représente 0,9% de la population française va perdre plus de 8% des effectifs des 54.000 suppressions de postes prévues dans la défense si ce régiment était supprimé, et chez moi, c'est un drame!", a conclu le maire.