Station du Tricastin, après la suspension d'activité, les poursuites judiciaires?

NUCLEAIRE Des «irrégularités» ont été constatées...

S.M avec agence

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La quantité d'uranium rejetée lors d'un incident survenu mardi dans une installation de la société Socatri (Areva) sur le site nucléaire de Tricastin à Bollène (Vaucluse) a été moins importante que celle annoncée initialement, a indiqué mercredi matin une porte-parole de Socatri à l'AFP.
La quantité d'uranium rejetée lors d'un incident survenu mardi dans une installation de la société Socatri (Areva) sur le site nucléaire de Tricastin à Bollène (Vaucluse) a été moins importante que celle annoncée initialement, a indiqué mercredi matin une porte-parole de Socatri à l'AFP. — OFF AFP/Archives
L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a demandé vendredi à Socatri de suspendre l'activité de sa station de traitement à Tricastin (Vaucluse). La station était à l'origine d'un rejet accidentel d'uranium, survenu mardi.

Après sa visite d'inspection sur le site jeudi, l'ASN a également demandé de prendre des «mesures immédiates de mise en sécurité» de cette station.

Des incidents déjà signalés

Les inspections ont révélé que «la mise en sécurité destinée à empêcher toute nouvelle pollution (n'était) pas complètement satisfaisante» et que «les conditions d'exploitation (...) présentaient des irrégularités». L’ASN a également dénoncé des «lacunes en matière d’information des pouvoirs publics».

L'usine Socatri avait déjà été prévenue après plusieurs incidents.

Suites judiciaires ?

L’ASN a précisé que ces constats donneront lieu à un procès-verbal, qui sera transmis au procureur de la République de Carpentras. Celui-ci décidera des suites judiciaires à donner à ce dossier.

La Criirad (Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité) , avait déjà décidé de porter plainte contre les exploitants du site du Tricastin, filiales du groupe Areva.

Jean-Louis Borloo, ministre de l'écologie, avait estimé mercredi 9 juillet, que «toutes les conclusions devront être tirées, notamment en termes d'éventuelles suites pénales et administratives».

Une plainte contre l'ASN

L’usine Socatri n’est pas la seule institution à être mise en cause. Le réseau «Sortir du nucléaire» a en effet annoncé vendredi qu’il comptait porter plainte contre l’ASN. Stéphane Lhomme, son porte-parole, lui reproche d’être «au moins aussi coupable que la Socatri» et d’«essayer de se couvrir». Il juge que l’ASN n’a pas lancé l’alerte assez rapidement et prépare une plainte pour «rétention d’information».