Pierre Mazeaud, le gardien du temple gaulliste

PORTRAIT Président de la commission sur les quotas d'immigration, Pierre Mazeaud a cultivé durant toute sa carrière son indépendance et son franc-parler...

Sylvain Mouillard

— 

La loi sur la rétention de sûreté est "mauvaise" et pourrait ne pas "survivre" à une décision de la Cour européenne des droits de l'Homme, juge Pierre Mazeaud, ancien président du Conseil constitutionnel, dans un entretien à paraître jeudi dans le Nouvel Observateur.
La loi sur la rétention de sûreté est "mauvaise" et pourrait ne pas "survivre" à une décision de la Cour européenne des droits de l'Homme, juge Pierre Mazeaud, ancien président du Conseil constitutionnel, dans un entretien à paraître jeudi dans le Nouvel Observateur. — Jean-Pierre Muller AFP/Archives
Portrait de Pierre Mazeaud, président de la commission sur les quotas d'immigration

A 78 ans, Pierre Mazeaud appartient au cercle des gaullistes historiques. Issu d’une famille de juristes, lui-même docteur en droit et magistrat, il forge sa réputation sur les bancs de l’Assemblée nationale dans les années 70 et 80. L’homme se présente comme un «grognard de la République». Son caractère bien trempé et son franc-parler sont bien connus.

Alpiniste de classe internationale, Pierre Mazeaud tire de cette expérience une partie de sa force de caractère. Il passe plusieurs fois près de la mort et fait partie en 1978 de la première expédition française à avoir vaincu l'Everest.

Gardien de la constitution

Mazeaud est nommé membre du Conseil constitutionnel en 1998. Il prend la présidence de l’institution en 2004, avant de la quitter il y a un an. Durant son mandat, il s’illustre par une grande orthodoxie juridique. Proche de Michel Debré, le père de la Ve République, Mazeaud s’attache en priorité à défendre les institutions.

Gardien du temple, Mazeaud l’est assurément. Ses coups de gueule marquent. A Pascal Clément, alors Garde des Sceaux, qui veut introduire dans la loi la rétroactivité du port du bracelet électronique, il lance: «Le respect de la constitution est un devoir, non un risque».

Franc-tireur dans son camp, Mazeaud fustige régulièrement les lois «bavardes» voire inutiles. En lui commandant son rapport, Brice Hortefeux savait sûrement à quoi s’attendre…