L'Unesco retoque la cuisine française

Bastien Bonnefous (avec AFP) - ©2008 20 minutes

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La proposition hexagonale fait un four. L'inscription de la gastronomie française au « patrimoine culturel immatériel de l'humanité » est une entreprise qui semble vouée à l'échec. C'est le jugement sans appel donné samedi par le président de l'Assemblée générale des Etats membres de la convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel de l'Unesco. Chérif Khaznadar a expliqué, en marge d'un festival gastronomique à Paris, qu'« il n'y a pas de catégorie à l'Unesco pour la gastronomie ».

L'idée de l'inscription a été lancée par Nicolas Sarkozy le 23 février, le chef de l'Etat annonçant que la France allait déposer une demande de classement de sa cuisine auprès de l'Unesco. Le dossier devrait être déposé en août 2009, pour une décision rendue début 2010. A ce jour, aucune gastronomie nationale n'a été inscrite au patrimoine culturel de l'humanité, qui comprend pourtant « les savoir-faire liés à l'artisanat traditionnel » et « les rituels et événements festifs ».

En réaction au rejet de Chérif Khaznadar, Paris a rappelé samedi qu'il « n'est pas le seul à décider ». « Le patrimoine culinaire français entre complètement » dans la convention de l'Unesco, a au contraire estimé Jean-Robert Pitte, président de la mission de soutien du dossier français. Vexé, il a déploré le fait que, pour convaincre Chérif Khaznadar, « il faut être [d'un pays] du Sud et avoir une petite bourrée, une petite danse » à faire inscrire.