Royal, «La femme fatale», déboutée

PEOPLITIQUE Son avocat a annoncé dans un communiqué que sa cliente comptait faire appel...

D'après agence

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Jean-Pierre Mignard, avocat de Ségolène Royal, a jugé lundi "inquiétant" le cambriolage de l'appartement de l'ex-candidate à la présidentielle, évoquant une "mise en scène très particulière" par des visiteurs "très bien renseignés".
Jean-Pierre Mignard, avocat de Ségolène Royal, a jugé lundi "inquiétant" le cambriolage de l'appartement de l'ex-candidate à la présidentielle, évoquant une "mise en scène très particulière" par des visiteurs "très bien renseignés". — Pierre Andrieu AFP

Ségolène Royal a été déboutée lundi par le tribunal de grande instance de Paris de sa plainte en diffamation contre un passage du livre «La Femme fatale», des journalistes Ariane Chemin et Raphaëlle Bacqué.

Son avocat, Me Jean-Pierre Mignard, a aussitôt annoncé dans un communiqué que sa cliente comptait faire appel.

Le passage incriminé évoque des faits remontant à août 2006 et cite Julien Dray, présenté dans le livre comme «un ami du couple» que formaient alors l'ex-candidate PS à la présidentielle et François Hollande.

Le député PS de l'Essonne rapporte des propos tenus par Royal à son compagnon et disant: «si tu vas chercher Jospin pour me faire barrage, tu ne reverras jamais tes enfants».

Le tribunal a estimé que ces déclarations n'étaient «pas contraires à l'honneur» de la dirigeante socialiste, soulignant «l'étroite imbrication de (sa) vie publique et vie privée» avec celle de François Hollande.

De plus, a souligné le tribunal, à ce moment-là, trois des quatre enfants du couple étaient majeurs et la quatrième, Flora, avait quatorze ans: Ségolène Royal n'avait donc «aucune possibilité juridique d'interdire à ses enfants de voir leur père, ni aucune possibilité concrète (au regard notamment de l'âge de la mineure) de les contraindre au contraire à garder avec lui des contacts qu'ils ne souhaiteraient pas».

Le jugement relève encore que deux fils soutenaient politiquement leur mère et que la phrase de Ségolène Royal doit donc être interprétée comme «un simple constat de risque familial» que François Hollande «encourt s'il persiste dans une attitude politique désapprouvée par sa progéniture».

Lors de l'audience, le mois dernier, Me Mignard avait estimé que ce passage présentait, «sans vérification sérieuse», la socialiste comme une «marâtre immorale, prête à tout pour parvenir à ses fins».

Raphaëlle Bacqué avait expliqué avoir entendu elle-même «à plusieurs reprises» cette phrase de Julien Dray qui, en tant que «conseiller de Ségolène Royal, ami du couple et porte-parole, avait un poids important».

Ségolène Royal, qui demandait 70.000 euros de dommages et intérêts, avait initialement intenté également, avec François Hollande, une action pour «atteinte à la vie privée», dont ils se sont désistés.