French Justice Minister Rachida Dati arrives at a dinner attended by France's President Nicolas Sarkozy and U.S. President George W. Bush at the Elysee Palace in Paris, June 13, 2008.       REUTERS/Philippe Wojazer   (FRANCE)
French Justice Minister Rachida Dati arrives at a dinner attended by France's President Nicolas Sarkozy and U.S. President George W. Bush at the Elysee Palace in Paris, June 13, 2008.       REUTERS/Philippe Wojazer   (FRANCE) — REUTERS/Philippe Wojazer

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Dati veut s'organiser contre les bandes

DELINQUANCE – La ministre de la Justice souhaite établir un fichier recensant les membres de groupes violents...

Juin, le mois du fichier. Après celui recensant les délinquants sexuels, établi en juin 2007, Rachida Dati a annoncé hier dans «Le Journal du Dimanche» qu'elle va créer «un fichier sur les bandes organisées», dans la foulée des incidents survenus le week-end dernier sur le Champ-de-Mars, à Paris. «L'idée est d'identifier ces bandes, d'anticiper leurs mouvements, de savoir comment elles se construisent», détaille la garde des Sceaux et maire du 7e arrondissement de Paris.

Reste à savoir si ces incidents spectaculaires sont vraiment le fait de groupes structurés. La semaine dernière, Bertrand Delanoë estimait que oui. Pourtant, aux yeux de la police, le terme de «bande» implique une organisation pyramidale, avec des chefs. Le Code pénal définit la circonstance aggravante de «bande organisée» comme «tout groupement ou toute entente établie en vue de la préparation (...) d'infractions».


En fait, selon le spécialiste de la délinquance Jérôme Pierrat, auteur de «Gangs de Paris», aux éditions Parigramme (2007), «il ne faut pas confondre délinquance de groupe et crime organisé. Quand vous avez cinquante mômes qui se battent devant tout le monde (...), il s'agit essentiellement de petits délinquants». Ainsi, les jeunes qui se sont affrontés l'an dernier à Pigalle ou à la gare du Nord ne seraient pas membres de bandes organisées. Cela n'empêche pas ces groupes d'exister, en particulier dans le trafic de stupéfiants, d'armes et de contrefaçons. Ce sera sans doute plus difficile de coucher leurs noms dans un fichier.

pression
Rachida Dati demande à Bertrand Delanoë d'installer une quinzaine de caméras de vidéosurveillance, «opérationnelle de jour comme de nuit», sur le Champ-de-Mars. Bien qu'étant maire du 7e, elle n'a pas autorité sur cet espace. «Avec le Président, nous avons décidé de placer le maire de Paris face à ses responsabilités.» Le plan Mille caméras prévoit déjà d'installer d'ici à 2009 des caméras dans des zones touristiques parisiennes, dont le Champ-de-Mars.